Semyon Faibisovich 'Moscow and Muscovites' (Paris)

Semyon Faibisovich 'Moscow and Muscovites' (Paris)

Paris, France samedi 12 janvier 2013samedi 2 février 2013


Paris, France
samedi 12 janvier 2013samedi 2 février 2013

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Semyon Faibisovich 'Moscow and Muscovites'
12.01.13 - 02.02.13
Vernissage : 12 Janvier (17h30 - 20h30)

Dans les années 1980, Semyon Faibisovich perçait grâce à plusieurs peintures qui, ensemble, constituaient un portrait de l’ère soviétique. Contrairement aux membres du Sots Art ou du mouvement conceptuel moscovite, dont la description du système reprenait les symboles officiels de ce dernier (bannières, slogans, effigies de dirigeants, passages clé de textes), il s’intéressait aux aspects visuels passés inaperçus ou laissés pour compte. Les éléments que tous regardent, mais que très peu voient : les lieux-communs, la monotonie du quotidien, les visages éteints comme marqués d’un identique tampon invisible, l’air opaque de l’oppression. Pour lui, chacun d’entre eux en disait autant sur la vie en URSS que les emblèmes administratifs. Tout autant d’ailleurs que la lumière, les rayons de soleil grâce auxquels on surmonte la grisaille d’une réalité apathique.

Jusqu’au début des années 1990, à la disparition du soviétisme, Semyon Faibisovich continua son observation attentive du monde environnant, un travail dont résultent des œuvres que l’on pourrait qualifier d’« hypno-réalistes ». Ensuite, il passa de l’objet de la démarche à la démarche elle-même. Son projet Evidence étudie le processus de la vision à partir des défauts et des particularités qui altèrent notre perception des choses (sans, dans la plupart des cas, que nous nous en rendions compte) : le point aveugle de l’œil ; la diplopie, qui vient au moment du réveil, ou sous l’effet de l’alcool ; la « vision résiduelle », quand nous fermons nos yeux et que, rattachées aux capillaires sanguins, les paupières deviennent des écrans sur lesquels apparait, mais en négatif, ce que nous venons de voir. L’artiste examine puis nous montre la formation de ces négatifs et, de la sorte, brouille la distinction entre réel et abstrait.

En 1995, Monsieur Faibisovich arrête de peindre et, durant plusieurs années, se consacre à l’écriture. Vers la fin de la décennie, il revient à l’art, cette fois par le biais de la photographie, des installations et de la vidéo. Il faudra attendre 2007, quand l’artiste sent l’avènement d’une ère nouvelle dont il décide qu’il est temps de faire le portrait, au moyen d’un matériel actuel et idéal pour cette entreprise : la peinture. Désormais essentiellement tripartite, sa technique implique des photos en basse résolution prises avec des téléphones portables, un logiciel de peinture numérique pour agrandir ces images sur l’ordinateur puis les imprimer sur une toile puis, finalement, la traditionnelle peinture à l’huile. Fusionnement de trois processus en un seul, ce mélange de technologies marque pour ainsi dire la création d’une espèce d’art visuel ; un langage inventé par l’artiste pour répondre à la réalité qui l’entoure.

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Semyon Faibisovich 'Moscow and Muscovites'
01.12.13 - 02.02.13
Opening: 12 January (5:30 - 8:30 pm)

Semyon Faibisovich’s breakthrough came in 1980s with a series of paintings that collectively constituted a portrait of the Soviet era. Unlike the artists associated with Sots Art and Moscow conceptual art, who sought to portray the system using the very same symbols and signs that it itself employed (banners, slogans, leaders’ portraits, typical bits of text), Faibisovich was interested in the visual aspects of the system, the aspects that had not been properly reflected on and articulated. The things that are looked at by everybody yet seen by very few: the commonplace, even banal episodes of everyday life, faces gloomy as if bearing an invisible and identical stamp, the thick air of oppression — all of which, in his opinion, was as revealing about the life in USSR as its official symbols. And also light, the sunlight that helps to overcome the grey and listless stuff of reality.

The artist continued to stare attentively at the reality around him and producing works in the style which could be called ‘hypnorealism’ until the beginning of the 1990s, when the Soviet reality went away. And so the artist switched from the object that he sees to the process of seeing itself. His ‘Evidence’ project explores the optics of seeing with its effects and defects which together alter the way we see the world (even if we usually don’t notice these alterations): blind spots in the eye, the morning- or alcohol-induced double vision, the ‘residual vision’ — when we close our eyes and the capillary-laced eyelids act as screens, showing what we’ve just seen, only in the negative. The artist is observing and showing us how these negatives form, blurring the line between the real and the abstract.

In 1995 Faibisovich quits painting and devotes several years to writing. Towards the end of the decade he comes back to being an artist proper, this time engaging in photography, installations and video art. The full-fledged comeback to painting had to wait until 2007, when he felt that the new era had firmly established itself and it was time to paint its portrait — using tools that were up to date and up to the task. The new technology is essentially tripartite, involving low-resolution mobile camera shots, a digital painting game of augmenting the shots with computer photo editors and printing the result on canvas — and, finally, the traditional oil painting. Mixing the three technologies, merging the three processes into one, the artist produces a kind of a new breed of visual art — a new language to use when confronting the reality around him.