Tom Burr 'Felt under Fingers' (Bruxelles/ Brussels)

Tom Burr 'Felt under Fingers' (Bruxelles/ Brussels)

19, rue de SaintongeParis, France vendredi 8 avril 2011jeudi 12 mai 2011

19, rue de Saintonge
Paris, France
vendredi 8 avril 2011jeudi 12 mai 2011

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Tom Burr 'Felt under Fingers'
8 avril - 12 mai 2011

La Galerie Almine Rech est heureuse de présenter la première exposition personnelle de l’artiste New-Yorkais Tom Burr à Bruxelles intitulée felt under fingers.

Je suis préoccupé, fortement préoccupé (ou hanté serait peut-être la manière la plus juste de présenter les choses) par la façon dont les espaces construits lient et contrôlent les gens tout en leur accordant différents degrés de confort et de sécurité, explique l’artiste.

Quand Burr expose, on pénètre dans une pièce remplie d'objets hétéroclites dispersés, dont beaucoup semblent avoir été soudainement abandonnés. Le lieu semble alors presque familier. Cependant, la disposition et la sélection des objets ainsi que leurs éventuels propriétaires reste une énigme. On pourrait y voir une mise scène qui s’est arrêtée au moment même où on est entré dans la pièce. En sélectionnant ses objets en fonction de leurs poids symbolique, les sculptures de Burr interpellent et font surgir ou resurgir une émotion particulière chez les spectateurs.

L’artiste décrit son approche au travail sculptural comme des actes dans une pièce de théâtre, ou des images fixes dans un film. Cette théâtralité et son utilisation allégorique des formes spécifiques au théâtre : les plates-formes, les radiateurs, les rideaux, l'éclairage, et les articles personnels fonctionnent comme des appuis verticaux sculpturaux.

Pour cette exposition, Tom Burr vient révéler la présence physique de ces objets anonymes et banals. L’artiste insiste sur une mise en relation des notions de chaleur, de nudité, d’enveloppement de différentes sculptures, le tout sous forme de récit pour raconter une histoire et réveiller des sentiments.

Ainsi, des radiateurs, relégués d’ordinaire au bas des murs, sont ici disposés au centre de l’espace, comme si ils voulaient se serrer les uns contre les autres. Si ces pièces ont perdu leur fonction propre, le souvenir de leur usage restera intact à jamais. Tous furent conçus pour chauffer, une forme sécurité indispensable.

Quant aux panneaux accrochés aux murs ou disposés librement dans l’espace, ils sont recouverts, drapés et cloués de couvertures de laine, protégeant ainsi une nudité que l’artiste est soucieux de cacher. De cette façon, Burr déstructure l’espace et le met à nu pour ensuite se le réapproprier. Les murs prennent ainsi possession de l’espace, comme des acteurs ou des figurants, errants en toute fluidité mais surtout emballent l’espace, l’étouffent pour démontrer les contraintes physiques de l’action et de la liberté des identités.

L’artiste a également décidé de collaborer sur une œuvre avec une jeune artiste New Yorkaise, Mary Simpson. Burr, tombé sous le charme de son court métrage « RR », qui consiste en des prises séquentielles et méthodiques de la vieille cuisinière « Volcan » de l’atelier de Robert Rauschenberg, décide de l’inclure dans une de ses œuvres. Il y apporte un cadre pour souligner l’importance de ce type d’objets qui ont à la fois une présence physique mais racontent également une histoire.

Actuellement basé à New York, Tom Burr est né en 1963 à New Haven dans le Connecticut. Il a largement exposé en Europe et aux États-Unis. Des projets de solo récents incluent Mixed Use, Manhattan: Photography and Related Practices 1970s to the present (2010) au Centre National d’Art Reina Sofia à Madrid et Gravity Moves Me (2010) au FRAC Champagne Ardenne à Reims.

[1] Mark Rappolt, “Tom Burr. The Man Who Wasn’t There,” Art Review no. 10 (April 2007), p. 71.

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Tom Burr 'Felt under Fingers'
April 8 - May 12, 2011

The Almine Rech Gallery is pleased to present felt under fingers, the first solo exhibition in Brussels by New York artist Tom Burr.

I’m concerned, highly concerned (or maybe obsessed is the right way to put it) with the way built spaces bind and control people as well as allow them degrees of comfort and security., the artist explains.

When visiting an exhibition by Tom Burr, one enters a room filled with a wide range of scattered objects, many of which seem to have been abandoned suddenly. The space seems almost familiar, yet the layout and selection of these objects remain a mystery, as does the identity of their former owners. It is as if the staging of these objects had been interrupted at the moment visitors entered the room. By choosing these objects for their symbolic value, Burr has created sculptures which question visitors and bring to the surface new or buried emotions.

The artist has compared his sculptural approach to acts in a play, or film stills, underlining their theatricality and his allegorical use of forms that are specific to theatre: platforms, radiators, curtains, lighting and personal items function as vertical sculptural supports.

In this exhibition, Tom Burr reveals the physical presence of these anonymous, everyday objects. The artist insists on connecting notions of heat and nudity and the envelopment of different sculptures, the whole taking the form of a narrative that will tell a story and trigger an emotional response.

Thus, radiators, normally relegated to the lower corners of rooms, are here exhibited in the centre of the space, as if they were huddling together. Although these pieces have lost their specific function, the memory of their use will remain intact. They were all designed for heating, an indispensable form of security.

The panels are covered with wool blankets, which are folded, unfolded, and arranged across the surface in a manner that is both spontaneous and carefully planned, then secured in place. Burr thus deconstructs the space and strips it bare before appropriating it once more. The walls take possession of the space, like actors or extras moving freely about. But these walls also envelop the space, enclosing it in order to demonstrate the physical constraints imposed on the actions and freedom of identity.

The artist also decided to work on a joint project with a young New York artist, Mary Simpson. Captivated by her short film “RR”, which consists of sequential and methodical shots of the old “Vulcan” stove from Robert Rauschenberg’s studio, Burr decided to include it in one of his works. He framed it to underline the importance of this type of object, objects which not only have a physical presence but which also tell a story.

Currently based in New York, Tom Burr was born in 1963 in New Haven, Connecticut. His work has been shown widely in Europe and the United States. Recent shows include Mixed Use, Manhattan: Photography and Related Practices, 1970s to the Present (2010) at the Reina Sofia Centre of Art in Madrid, and Gravity Moves Me (2010) at FRAC Champagne-Ardenne in Reims.

[1] Mark Rappolt, “Tom Burr. The Man Who Wasn’t There,” Art Review no. 10 (April 2007), p. 71.