Sergio Vega: 14 juillet, le manifeste du coq flâneur et autres histoires…

Sergio Vega: 14 juillet, le manifeste du coq flâneur et autres histoires…

roads of amazonia 6 by sergio vega

Sergio Vega

Roads of Amazonia 6, 2011

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roads of amazonia 5 by sergio vega

Sergio Vega

Roads of Amazonia 5, 2011

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Sergio Vega

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Sergio Vega

Roads of Amazonia 1, 201

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samedi 2 février 2013samedi 6 avril 2013


Paris, France

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Sergio Vega: 14 juillet, le manifeste du coq flâneur et autres histoires…
2 février - 6 avril 2013
Vernissage le samedi 2 février 2013 de 16h à 20h

La Galerie Karsten Greve a le plaisir de présenter l’exposition Sergio Vega - 14 juillet, le manifeste du coq flâneur et autres histoires… L’exposition propose une vidéo ainsi que des nombreuses photographies en petit et grand format abordant des sujets variés tels que des paysages urbains et des images de la forêt amazonienne.

Attentif aux dynamiques culturelles et sociales qui l’entourent, Sergio Vega (argentin, 1959) développe depuis 1995 un projet intitulé « El Paraíso en el Nuevo Mundo » (Le Paradis dans le Nouveau Monde). Il s’inspire d’un livre écrit en 1650 par Antonio de Leo Pinelo, historien espagnol qui situait le Jardin d’Eden an Amérique Latine. Sergio Vega remet en question cette idée du paradis terrestre : ses recherches le conduisent ainsi au Mato Grosso, au Brésil, où il se rend pour examiner et réinterpréter cette théorie. Cet ambitieux projet amène l’artiste à réaliser un nombre croissant de photographies, sculptures, vidéos et autres travaux inspirés des textes qui documentent son voyage à la recherche du paradis de Pinelo. Vega pousse le spectateur vers une interprétation nouvelle. Il crée des œuvres qui interrogent les systèmes de représentation interculturels à la fois contemporains et historiques. Ses travaux ont valeur de journaux intimes, témoins de ses voyages et aventures, qu’ils soient documentaires, sarcastiques ou poétiques.

Les photographies des maisons amazoniennes invitent à une réflexion sur l’intervention de l’Homme sur l’environnement naturel et sur la création de structures sociales qui dérivent de cet artifice. Dans l’œuvre July 14th la critique politico-sociale est en lien étroit avec l’histoire française. Par une poussiéreuse matinée du 121ème anniversaire de la Révolution, Sergio Vega se rend dans la ville amazonienne de Claùdia où il découvre cette maison aux couleurs vives qui attire son attention. Cette vision se charge soudainement d’un ensemble mystérieux et inattendu de références à la Commune de Paris, dont l’année 1871 est affichée sur la façade de la maison, ainsi qu’à Napoléon. En effet, la forme du téléphone publique installé en face de l’habitation rappelle à Vega une caricature de Napoléon qu’il avait découvert par hasard à Paris dans une bouquinerie à Saint Michel. L’artiste cherche à saisir les symboles dans cette photographie et met en valeur le rôle commémoratif de ce moyen artistique capable de faire renaître l’esprit révolutionnaire. Ainsi, en mêlant théorie, expérience personnelle et critique des structures de la société, Vega parvient à créer un monde où expériences sensorielles et discours argumentaires se rejoignent.

Le rôle que ce projet recouvre dans le travail de Sergio Vega témoigne de l’importance que l’artiste attribue à la nature libre et sauvage comme métaphore du paradis. Les œuvres tirées de la série Mist in the Forest (2010) abordent la notion d’iconographie de la nature. Ces photographies de la forêt dans la brume et le brouillard renvoient aux peintures de paysage du Romantisme par l’intimité de leurs formats ainsi que pour la représentation d’une nature primitive. Saisie dans sa puissance primordiale, cette nature somptueuse et sensuelle évoque le concept du sublime, ce qui amènera l’artiste à parler de Sublime Serie. En ce qui concerne les photographies au plus large format telles que les Rubens’ Twist, Dark Forest ou encore Caravaggio’s Moss, Vega choisit de représenter la forêt tropicale en utilisant la perspective typique des peintures baroques et en se laissant inspirer des grands maitres du siècle de Pinelo, tels que Caravage, Rubens ou Rembrandt.

Avec la série 4 steps of a rooster manifesto, Vega développe enfin une narration photographique qui réfléchit sur la condition actuelle de l’art. Le coq se déplace dans une sorte de dépôt, une terre désolée habitée par des déchets en métal rouillé, où il flâne sans but et sans conscience apparente. Entouré par ces objets conçus comme des ready-mades Duchampiens où l’urinoir-fontaine évolue en toilette, le coq réalise dans cette réalité chaotique quatre pas : il s’agit pour l’artiste d’une progression amenant à une résurrection symbolique du manifeste surréaliste.

Le travail de Sergio Vega peut donc être conçu comme une sorte de renouveau du Surréalisme : en réponse à la pauvreté culturelle contemporaine il propose une réalité nouvelle par laquelle se laisser séduire - un surréalisme des taudis. C’est dans cet univers singulier et pluriréférentiel que l’artiste invite le spectateur à saisir les correspondances baudelairiennes qui nous entourent et que seulement le flâneur attentif peut saisir.

Sergio Vega est né en 1959 à Buenos Aires, en Argentine. Il vit et travaille à Gainsville, en Floride, où il est professeur de photographie à l’Université de Floride. Sergio Vega a participé à des nombreuses expositions internationales parmi lesquelles la 51ème Biennale de Venise, la 5ème Biennale de Lyon, la 3ème Biennale de Moscou, la 2ème Biennale de Kwangju et la 1ère Triennale de Yokohama. Sa vidéo The Missing Tail and The Deer (Not the Iguana) a été choisie pour la section Worldly House de la dOCUMENTA 13 en 2012.

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Sergio Vega: 14 juillet, le manifeste du coq flâneur et autres histoires…
February 2 - April 6, 2013
Opening on Saturday 2nd February 2013, from 4pm to 8pm

The Karsten Greve Gallery is pleased to present the exhibition Sergio Vega – July 14th, The 4 Steps of a Rooster Manifesto and Other Stories… The exhibition offers a video and numerous photographs in small and large format addressing subjects as varied as urban landscapes and the Amazon forest.

Attentive to the cultural and social dynamics that surround him, Sergio Vega (Argentine, 1959) has been developing a project since 1995 entitled “El Paraíso en el Nuevo Mundo” (Paradise in the New World). He took his inspiration from a book written in 1650 by Antonio de Leo Pinelo, a Spanish historian who placed the Garden of Eden in Latin America. Sergio Vega questions this idea of terrestrial paradise: his research has thus lead him to the Mato Grosso, in Brazil, where he went to examine and reinterpret this theory. This ambitious project lead the artist to produce a growing number of photographs, sculptures, videos and other works inspired by texts that document his journey in search of Pinelo’s paradise. Vega pushes the spectator towards a new interpretation. He creates works that interrogate the systems of intercultural representation that are both contemporary and historical. His works have the value of intimate diaries, bearing witness to his travels and adventures, whether they are documentary, ironic or poetic.

The photographs of Amazonian houses invite reflection on man’s intervention on the natural environment and the creation of social structures that derive from this artifice. In the work July 14th, the politico-social critique is a direct link to French history. On a dusty morning of the 121st anniversary of the Revolution, Sergio Vega went to the Amazonian village of Claùdia where he discovered a brightly coloured house, which drew his attention. This vision suddenly undertakes a collection of mysterious and unexpected references to the Paris Commune, the year of which, 1871, is inscribed in the façade of the house and is also a reference to Napoleon. The shape of the public telephone in front of the house reminded Vega of a caricature of Napoleon that he discovered by chance in Paris in a bookshop near Saint Michel. The artist seeks to take hold of the symbols in this photograph and highlights the commemorative role of this artistic medium capable of reviving the revolutionary spirit. So by mixing theory, personal experience and critique of society’s structures, Vega manages to create a world where sensorial experience and disputatious views meet.

The role that this project covers in Sergio Vega’s work reveals the importance the artist ascribes to natural and wild freedom as a metaphor for paradise. The works taken from the series Mist in the Forest (2010) address the notion of iconography in nature. These photographs of the forest in fog and mist refer back to the landscape paintings of the Romantic movement through the intimacy of their formats and their representation of primitive nature. Taken in its primordial power, this sumptuous and sensual nature evokes the concept of the sublime, which leads the artist to refer to them as the Sublime Series. With respect to the large format photographs such as Rubens’ Twist, Dark Forest and Caravaggio’s Moss, Vega chooses to represent the tropical forest by using the perspective typical of Baroque painters and by allowing himself to be inspired by the grand masters of Pinelo’s period, such as Caravaggio, Rubens and Rembrandt.

With the series 4 Steps of a Rooster Manifesto, Vega develops a photographic narration that reflects upon the actual condition of art. The rooster moves about in a kind of depot, a mournful space inhabited by rubbish and rusting metal where he struts without any goal or apparent conscience. Surrounded by objects conceived as Duchampian ready-mades where the urinal fountain becomes a toilet, the rooster takes four steps in this chaotic reality: for the artist it is a progression leading to a symbolic resurrection of the surrealist manifesto. Sergio Vega’s work can therefore be seen as a kind of rekindling of Surrealism: in response to the paucity of contemporary culture, he offers a new reality through which one can let oneself be seduced – a surrealism of hovels and slums. It is in this unique and multi-referential universe that the artist invites the spectator to understand the Baudelairean correspondences that surround us, which only the attentive stroller can grasp.

Sergio Vega was born in Buenos Aires in Argentina in 1959. He lives and works in Gainsville, Florida, where he is a professor of photography at the University of Florida. Sergio Vega has participated in numerous international exhibitions, among which the 51st Venice Biennale, the 5th Biennale of Lyon, the 3rd Moscow Biennale, the 2nd Kwangju Biennale and the 1st Yokohama Triennale. His video The Missing Tail and The Deer (Not the Iguana) was selected for the Worldly House section of dOCUMENTA 13 in 2012.