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Mohamed Bourouissa 'All-in'    Feb 2 - Mar 16, 2013

2 Euros
Mohamed Bourouissa
2 Euros, 2013
 
All-in
Mohamed Bourouissa
All-in, 2012
 
Wallpaper
Mohamed Bourouissa
Wallpaper, 2013
 
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Mohamed Bourouissa 'All-in'

2 février - 16 mars 2013
Vernissage le samedi 2 février de 14h à 19h

Kamel Mennour est heureux de présenter la seconde exposition personnelle de Mohamed Bourouissa à la galerie.

Mohamed Bourouissa définit en creux, par ses contours, notre modèle de société. Dans une relation critique à l’image mass-média, il prend pour sujet de ses photographies et de ses vidéos des personnes laissées pour compte à la croisée de l’intégration et de l’exclusion. Dans la série photographique « Périphérique », il met en scène le quotidien des jeunes de banlieue en s’inspirant de la peinture d’histoire. Il rompt néanmoins avec son esthétique léchée dans deux vidéos : « Temps mort », un échange intimiste avec un détenu via des téléphones portables ; et « Légende », dans laquelle des vendeurs de cigarettes de contrebande, qu’il a équipés de caméras cachées, filment leur activité. Plus récemment, avec « L’Utopie d’August Sander », projet mené entre Marseille et Gennevilliers, il a investi le monde des demandeurs d’emploi. Il leur proposait de devenir un monument en réalisant leur statue à l’aide d’imprimantes 3D.

Pour sa seconde exposition personnelle à la galerie kamel mennour, Mohamed Bourouissa aborde le thème de l’argent. Intitulée « All-in », elle reprend le titre d’une vidéo réalisée à l’occasion de Nuit Blanche pour la Monnaie de Paris, filmée dans les salons du Quai Conti et à l’usine de Pessac où sont frappées les pièces de l’euro. Construite comme un clip, cette oeuvre est cadencée par la chanson « Foetus » de Booba, l’un des tenants du rap français. Elle est aussi rythmée par les différentes étapes de la fabrication d’une pièce à l’effigie du rappeur, et s’achève par le déversement de cette pièce sur les vestiges d’une fête. Cette vidéo, alliance ponctuelle entre l’institution et l’une des figures de la contre culture urbaine, indexe, selon les termes de Mohamed Bourouissa, un « anarchisme libéral » où la réussite individuelle passe par l’argent comme paradigme de nos sociétés occidentales.
Les images de l’usine de Pessac introduisent dans le travail de Mohamed Bourouissa, certes de manière indicielle, la représentation du pouvoir. Elles constituent le point nodal d’une mise en tension satellitaire de relations à l’argent sur lesquelles se construit l’exposition. Le mobile « Un poids deux mesures », oeuvre issue d’une collaboration avec l’artiste David Hominal, est à ce titre exemplaire. Deux images accrochées l’une et l’autre aux extrémités d’un bras tournoyant dans les airs s’opposent. À la froideur de la photographie d’une machine à frapper la monnaie répond, sous forme de calembour visuel, la peinture d’une patate exécutée dans une gamme de brun par de larges touches délibérément grossières. L’altération de l’expression populaire « deux poids, deux mesures » dans le titre de l’oeuvre est signifiante. Elle pointe la relativité de la valeur de l’argent. Dans la salle adjacente, les deux photographies présentées, « Le Stock #1 » et « Agnès », rejouent la violence de cette dualité. La vue panoramique et monumentale du stock de monnaie de l’usine de Pessac, d’où toute présence humaine est bannie, est confrontée au portrait d’une jeune femme chichement vêtue comptant ses sous dans un intérieur suranné.
Dans la vidéo « Le produit », un homme debout en chemise cravate est appuyé contre un bureau. Le cadrage est serré, son visage n’apparaît pas. Il explique les mécanismes de son business, la vente d’un produit bio. Nous comprenons très vite qu’il s’agit de commerce illicite comme possibilité d’engranger du « blé ». Sa stratégie, la vente d’un produit de qualité au juste prix, le bon équilibre entre l’offre et la demande, est propre à toute activité commerciale.
Mohamed Bourouissa n’a pas la prétention de dresser le réseau exhaustif et complexe des relations qui nous lient à l’argent. Il cherche avant tout à pointer son attractivité et son pouvoir comme moteur et modèle d’intégration, de réussite mais aussi, dans une dimension dichotomique, la force et la violence de sa capacité à exclure. Avec le jeton à l’effigie de Booba, vendu deux euros à Nuit Blanche, ici cerclé dans une plaque de métal et raréfié dans une édition limitée, il n’exclut pas l’art de cette problématique. Tout en évitant l’écueil de la réprobation morale qui accompagne souvent ce sujet tabou, il indexe une constellation de situations qui laisse au sens une articulation plus large.

Né en 1978, Mohamed Bourouissa vit à Paris.
Son travail a été présenté au sein de nombreuses expositions personnelles et collectives en France comme à l’étranger entre autre: au Centre Pompidou (Festival Hors Pistes 2013), au Musée d’art moderne de la Ville de Paris, au Palais de Tokyo, à la Galerie Édouard Manet à Gennevilliers, au Palazzo Grassi - François Pinault Foundation à Venise, au MAXXI à Rome, au New Museum of contemporary art à New York, au Philadelphia Museum of Art, au SCAD d'Atlanta, au Finnish Museum of Photography d’Helsinki, au Muzeum Sztuki à Lodz, au Foto Museum à Rotterdam, à la Nikolaj Kunsthal de Copenhague, au KW Institute for Contemporary Art de Berlin ainsi que dans le cadre de la Biennale de Berlin et de la dernière Biennale internationnale d’art contemporain de Venise.
Mohamed Bourouissa expose actuellement au sein de l'exposition "Ici ailleurs" (Friche de la Belle de mai, Marseille) à l'occasion de Marseille 2013.

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Mohamed Bourouissa 'All-in'

2 February - 16 March, 2013
Opening on Saturday 2 February, 2pm to 7pm

Kamel Mennour is pleased to present Mohamed Bourouissa second solo exhibition at the gallery.

Mohamed Bourouissa describes contemporary society implicitly, by its contours. With a critical take on the mass media image, the subjects of his photographs and videos are people left behind at the crossroads of integration and exclusion. In the photographic series ‘Périphérique’, he presents the daily life of young men from the Paris suburbs, taking his inspiration from history paintings. However, he breaks with his polished aesthetic in two videos: ‘Temps mort’ [Dead time] a personal exchange with a prisoner via mobile telephone; and ‘Légende’, in which sellers of counterfeit cigarettes, whom he has equipped with hidden cameras, film their activity. More recently, with ‘L’Utopie d’August Sander’ [The Utopia of August Sander], a project carried out in Marseille and Gennevilliers, he immersed himself in the world of job seekers. He asked them to become a monument, creating a statue of them with the help of 3D printers.

For his second solo exhibition at Galerie Kamel Mennour, Mohamed Bourouissa tackles the theme of money. Entitled ‘All-in’ – a title borrowed from a video created as part of Nuit Blanche [a Parisian art festival] for the Paris Mint, filmed in the reception rooms of its Quai Conti headquarters in Paris and the factory at Pessac where euro coins are minted. Put together in the style of a music video, the work is accompanied by the song ‘Foetus’ by Booba, one of the key figures in French rap. Its tempo is also dictated by the different stages of the making of a coin bearing the rapper’s effigy, and finishes with the coins being poured onto the detritus of a party. The video, a one-off collaboration between the institution and one of the faces of urban counter-culture, refers, according to Mohamed Bourouissa’s own terms, to a ‘liberal anarchism’, where individual success is measured by money, in a paradigm of western societies.
The images of the factory at Pessac introduce the representation of power into Mohamed Bourouissa’s work, albeit in a cryptic way. They constitute the nodal point of a juxtaposition of relationships with money on which the exhibition is based. A perfect example is the mobile ‘Un poids deux measures’ [One weight, two measures], the result of a collaboration with the artist David Hominal. Two images, hanging from the ends of a revolving arm, face each other. Alternating with the coldness of a photograph of a minting machine, and forming a visual pun, is an image of a potato [patate is French slang for 1000 Francs], painted in brown tones with large, deliberately crude brushstrokes. A variant of the popular expression ‘deux poids, deux mesures’ [meaning ‘double standards’], the title is significant, emphasising that the value of money is relative. In the adjoining room, the two photographs on display, ‘Le Stock #1’ and ‘Agnès’, re-enact the violence of this duality. The panoramic and monumental view of the stocks of money at the Pessac factory, from which all human presence is banished, is met head-on by the portrait of a young woman, chicly dressed, counting her money in an outdated interior.
In the video ‘Le produit’ [The product] stands a man wearing a suit and tie, leaning on a desk. He is closely framed; his face is not visible. He explains the ins and outs of his business, the selling of organic products. We quickly realise that he is talking about illicit trade as a means of bringing in ‘wheat’ [French slang for money]. His strategy – selling a quality product at the right price, finding the balance between offer and demand – is common to all commercial activity.
Mohamed Bourouissa does not pretend to deal with the immense and complex network that binds us to money. First and foremost, he seeks to emphasise its attractiveness and its power as a motor and model of integration and success, but also, in a significant dichotomy, the force and violence of its capacity to exclude. With the token bearing the effigy of Booba, sold for two euros during Nuit Blanche, encased here in a metal plate and made rarer by a limited edition, he does not exempt art from this dilemma. Managing to avoid the pitfalls of the moral disapproval that often accompany this taboo subject, he has drawn up a host of situations that leave us with the sense that something much wider is being expressed.

Born in 1978, Mohamed Bourouissa lives in Paris.
His work has been shown in France as well as abroad, in numerous solo and group exhibitions: at the Centre Pompidou (Festival Hors Pistes 2013), the Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, the Palais de Tokyo, the Galerie Édouard Manet in Gennevilliers, the Palazzo Grassi – François Pinault Foundation in Venice, the MAXXI in Rome, the New Museum of Contemporary Art in New York, the Philadelphia Museum of Art, the SCAD of Atlanta, the Finnish Museum of Photography of Helsinki, the Sztuki Museum in Lodz, the Foto Museum in Rotterdam, the Nikolaj Kunsthal of Copenhagen, the KW Institute for Contemporary Art of Berlin, as well as during the Berlin Biennale and the last international Biennale of contemporary art in Venice.
Mohamed Bourouissa’s work is currently presented at the “Ici ailleurs” exhibition (Friche de la Belle de mai, Marseille), on the occasion of Marseille 2013.

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