La galerie nomade Art’s Factory fête ses quinze ans d’existence à l’Espace Beaurepaire, à deux pas du canal St Martin, dans un quartier bien desservi par les débiteurs de boisson. Mais s’il faut lever son verre à ce bel anniversaire, il faut aussi aller voir l’accrochage collectif qu’Effi Mild et Laurent Zorzin, les créateurs et patrons d’Art’s Factory, ont réalisé.

Loulou Picasso
La révolution triste, 2011
Livre de peintures de Loulou Picasso – 32 pages, 30 / 40 cm – édité par Blanquet et United dead Artists - 20 €
Il y a beaucoup de dessins sur les murs et beaucoup de publications sur les tables. C’est un peu le credo de la maison ; on s’intéresse ici aux artistes du papier, ceux qui sont publiés et diffusés, de préférence sur des supports souterrains mais aussi dans les milieux underground. Et le communiqué de préciser : « Un important travail de défrichage, qui a largement anticipé l’engouement actuel autour du dessin, en se tenant volontairement à la marge du marché de l'art pour développer des modes de diffusion alternatifs et complémentaires. »
On peut aussi voir ici quelques grands artistes devenus des incontournables, des « artistes de musée » disaient certaines autorités le soir du vernissage, tels que Charles Burns et Loulou Picasso. Ce dernier, Loulou Picasso a d’ailleurs réalisé pour les besoins de la cause anniversaire un ensemble de peintures d’une grande finesse, comme à son habitude ; une technique classique pour des sujets qui ne le sont pas : des adolescentes dénudées, parfois même écorchées, au charme irrésistible. Cet ensemble d’œuvres constitue également un livre superbe, La révolution triste, imprimé en bichromie, dont la qualité donne aux images l’illusion d’une matière picturale en relief. Tout le monde se demande où Blanquet, l’éditeur, fait imprimer ses livres pour qu’ils soient si beaux. Celui de Tom de Pékin, un autre artiste exposé est également remarqué. « Illustrations » d’un texte d’Alfred Jarry dans la veine fétichiste, propre à Tom, les dessins aux fusains ont des noirs d’une profondeur qui nous fait plonger dans les pages.
La jeune revue Collection — révélatrice de jeunes talents du dessin — s’est associée à l’évènement et l’on découvre un certain nombre de dessinateurs inconnus (de moi) dont les travaux laissent l’impression d’une grande cohérence. Si les styles et l’approche de sujets parfois communs affirment des personnalités très différentes, un même esprit plane. On retrouve chez presque tous des références à un passé visuel proche, la transition des années 80 / 90. Voilà pourquoi l’expo s’appelle teen spirit. Quand ils étaient jeunes, ados, quand Art’s Factory naissait.
teen spirit
jusqu’au 8 octobre 2011
Art’s Factory à l’Espace Beaurepaire
28, rue Beaurepaire – 75010 Paris
Tél. : 06 22 85 35 86
Ouvert tous les jours de 12h30 à 19h30
A. D. (21 août 2011)




