L’élégante revue The Drawer, qui comme son nom l’indique est une revue qui s’intéresse de très près au dessin contemporain, lance son deuxième numéro. Cela se fête, cela s’achète et se collectionne.

The Drawer, volume II
revue de dessin semestrielle
distribuée par les Presses du réel
Il existe un certain nombre de revues qui actuellement se penchent sur le travail des dessinateurs, sur le travail dessiné d’artistes, sur le dessin de tout un chacun, ou même encore des revues de dessinateurs qui s’intéressent aux autres images que celles qui sont dessinées. Les Cahiers dessinés, False Flag, La Tranchée Racine, Collection, Roven, Bilan Provisoire et The Drawer comptent parmi les titres dont on entend parler en ce moment et qui, chacune à leur manière, tentent de hisser la création graphique vers une meilleure reconnaissance, sinon de faire exister certains créateurs qui, bien qu’ayant participé à des aventures historiques, tomberaient aujourd’hui dans les limbes de l’oubli. La pratique du dessin peut parfois être liée, quand elle ne l’implique pas, à une incapacité de se vendre. C’est comme si l’on demandait à une prostituée de vendre son âme. L’intime est très difficile à vanter, à monnayer n’en parlons pas. Beaucoup de dessinateurs ont dû se retrancher dans la modestie par la force des choses, mais peut-être que toutes ses revues, relayant pour certaines — dont The Drawer — le travail de galeries, pourraient permettre à un moment ou un autre de ressusciter l’intérêt d’investisseurs, de collectionneurs, d’institutions à l’endroit des artistes du papier.
L’on verrait alors Mélanie Delattre-Vogt publiée aux Cahiers dessinés, dans la revue The Drawer, dans la revue Bilan Provisoire, exposée au Palais de Tokyo, à la galerie Di Meo, à l’espace culturel Vuitton et s’ouvrir un passage dans la Mer Rouge de l’art contemporain. L’on verrait Guillaume Dégé porté aux nues par l’institution pour son travail de dessinateur — presqu’un enlumineur — et d’éditeur historique. Les collectionneurs finiraient par s’arracher ses œuvres à prix d’or et Dégé pourrait enfin montrer au monde sa capacité à digérer toute l’histoire de l’imagerie imprimée en de nouvelles formes, ayant la grâce de l’humour, de l’érudition et de la délicatesse graphique conjugués. L’on verrait Gilles Barbier présenté dans les plus grandes collections d’art contemporain. Et toute une belle brochette de dessinateurs-artistes moins célèbres mais atteignant leur public. Toutes ces revues auraient remplies leur mission d’amener au plus large public possible les fruits de leurs amours. On s’approcherait presque de cet idéal si toutes maintiennent leur cap.
Emmené par Sophie Toulouse et Barbara Soyer, The Drawer n°2, qui fêtera sa sortie à l’espace Ofr le 31 janvier, a réussi cette prouesse de rassembler 34 créateurs de dessins autour du thème de « La Métamorphose », clin d’œil à Kafka, en reprenant, comme au premier numéro, le principe d’un court entretien avec chaque participant à propos de sa pratique du dessin. En vrac et très rapidement, sans aucune partialité, voici une sélection d’artistes glanés dans The Drawer 2 :
Veronica Schumacher, Olivia Marie, Guillaume Dégé, Mélanie Delattre-Vogt, Simon Pasieka, Gilles Barbier, Raphaël Boccanfuso, Luke Painter, Ruppert & Mulot, Hugues Reip.
The Drawer, volume II, revue de dessin semestrielle, 160 pages, distribuée par les Presses du réel, 19 €
Lancement de la revue The Drawer 2
mardi 31 janvier à partir de 18h
la librairie Ofr
20, rue Dupetit-Thouars (face au Carreau du Temple) – 75003 Paris
A. D. (30 janvier 2012)




