Vincent Vanoli et Calou transforment le conte des trois petits cochons en récit épistolaire.
Ceci n'est pas une bande-dessinée. Une correspondance des trois petits cochons est pourtant publié, hors collection, par l'Association. Comme son titre l'indique, il s'agit d'un récit épistolaire. Comme il l'indique moins, le texte de Calou s'accompagne d'images. Les peintures de Vincent Vanoli se joignent aux lettres des frères de laie. Mais ces lettres constituent aussi des illustrations à part entière. Papiers jaunis, quadrillés, à en-tête, manuscrits, tapuscrits, enveloppes, télégrammes et missives administratives. Rien n'est laissé au hasard. Marianne à groin ou cachet de Bourg-le-Foin, chaque détail participe à cette République française et cochonne, au sens le plus littéral du terme.
Calou et Vanoli reprennent le célèbre conte à leur sauce, celle à laquelle les trois petits cochons seront mangés. Avec eux, Nif-Nif est un jeune porc paumé et chômeur ; Naf-Naf, un travailleur social et communiste ; Nouf-Nouf, le patron d'une usine. Le premier habite une hutte de paille à Bourg-Le-Foin, le second un chalet à Vildebois, le dernier, une belle maison de Briekburg. Mais tous les trois vont avoir maille avec une famille de puissants notables : les Leloup. Ils auront beau être des « cochons de cœur », et avoir de leur côté un curé « un peu ours » de caractère (et franchement d'allure), il n'empêche. Expulsion, licenciement et endettement auront leur peau. Porcine et sociale, cette correspondance nous rappelle que « la mort est le destin du cochon », et l'homme, un loup pour l'homme.
Une correspondance des trois petits cochons, Calou (scénario) et Vincent Vanoli (dessin), L'Association, non paginé, 27 €
www.vincent-vanoli.fr
M. D. (9 décembre 2008)







