La « vente du siècle » marque l’histoire du sceau de ses réussites économiques, de ses qualités esthétiques et de la sensibilité d’un couple d’hommes bientôt mythique.
Le désir de Pierre Bergé, si l’on se réfère à la citation épitaphe, emprunt à Edmond de Goncourt, en tête du catalogue de vente de la Collection qu’il constitua avec son complice Yves Saint Laurent, est en partie assouvi. Parlant des œuvres choisies et assemblées au cours des ans, Bergé rejoint Goncourt, le temps n’a plus d’importance, et vaticine « que la jouissance que m’a procurée l’acquisition de chacune d’elles, soit redonnée, pour chacune d’elles, à un héritier de mes goûts ».
La « vente du siècle » s’est déroulée dans une ambiance de calme passion. L’organisation menée de main de maître, et par le staff sur le site du Grand-Palais, et par les maisons de vente Christie’s Paris et Pierre Bergé & associés ainsi que les résultats de vente obtenus prouvent que Paris peut reprendre une place de leader du marché de l’art. Tout le monde semble avoir été récompensé de cet événement.
Outre la magnifique exposition, les consciences collectives conserveront en mémoire les dix meilleurs résultats de cette vente et la surprise de voir l’exquis calembour duchampien ensorceler les enchérisseurs.
— Le tableau d’Henri Matisse, Les coucous, tapis bleu et rose, 1911 : 35.905.000 euros
— La sculpture de Constantin Brancusi, Madame L.R., 1914-1917 : 29.185.000 euros
— Le fauteuil d’Eilen Gray, Les dragons, 1917-1919 : 21.905.000 euros
— Le tableau de Piet Mondrian, Composition avec bleu, rouge, jaune et noir, 1922 : 21.569.000 euros
— La tête de rat en bronze de la fontaine du Palais d’été de l’Empereur chinois Qianlong, milieu XVIIIe : 15.745.000 euros
— La tête de lapin en bronze de la fontaine du Palais d’été de l’Empereur chinois Qianlong, milieu XVIIIe : 15.745.000 euros
— Le tableau de Piet Mondrian, Composition avec grille 2, 1918 & 1942 : 14.401.000 euros
— Le tableau de Fernand Léger, La tasse de thé, 1921 : 11.489.000 euros
— Le tableau de Giorgio de Chirico, Il Ritornante, 1918 : 11.041.000 euros
— Le tableau de Théodore Géricault, Portrait d’Alfred et Elisabeth Dedreux, 1818 : 9.025.000 euros
— Le flacon et sa boîte de Marcel Duchamp, Belle haleine-Eau de voilette, 1921 : 8.913.000 euros
La vente dans sa globalité a atteint la somme de 373.900.000 d’euros, un record de meilleure vente aux enchères européenne. La collection Bergé – Saint Laurent est en outre celle qui a atteint aux enchères le plus haut total connu à ce jour. La fondation Yves Saint Laurent et la recherche contre le Sida seront les principaux bénéficiaires de cette vente.
A lire aussi Ecce Pulchra ! La vente du siècle, par Christian Caujolle
A lire et à voir également Au coeur de la vente du siècle, par Christian Caujolle et Cyril Thomas
Guide d'exposition Collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé,
Christie's, 2009, 111 pages, 20 €.
Robert Murphy, Les paradis secrets d'Yves Saint Laurent et de Pierre Bergé,
Albin Michel, 2009, 280 pages, 70 €.
Pierre Passebon, Jacques Grange,
Editions du Regard, 2008, 250 pages, 79 €.
A. D. (26 février 2009)













