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Un article sur l’exposition de la peintre impressionniste Berthe Morisot au musée Marmottan Monet
:::: mots clés : Berthe Morisot | Joseph–Benoit Guichard | Véronèse | Jean–Baptiste–Camille Corot | Paul Valéry | Édouard Manet | Edgar Degas | Pierre–Auguste Renoir | Claude Monet | Georges Seurat | Paul Signac


LE RÊVE C’EST LA VIE
par Pierre Deschodt

 

Berthe Morisot : Sur le lac du bois de Boulogne, 1884

Berthe Morisot
Sur le lac du bois de Boulogne, 1884
Huile sur toile
55 x 43 cm
Collection particulière
© Christian Baraja, studio SLB

Berthe Morisot : La lecture ou L'Ombrelle verte, 1873

Berthe Morisot
La lecture ou L'Ombrelle verte, 1873
Huile sur toile
46 x 78,1 cm
The Cleveland Museum of Art - Gift of the Hanna Fund 1950.89

Berthe Morisot : Autoportrait, 1885

Berthe Morisot
Autoportrait, 1885
Huile sur toile
61 x 50 cm
© musée Marmottan Monet, Paris / Bridgeman Art / Presse

Berthe Morisot : Julie rêveuse, 1894

Berthe Morisot
Julie rêveuse, 1894
Huile sur toile
65 x 54 cm
Collection particulière
© Dreyfus

Berthe Morisot : Le cerisier, 1891

Berthe Morisot
Le cerisier, 1891
Huile sur toile
154 x 80 cm
© musée Marmottan Monet, Paris / Bridgeman Art / Presse

Avec cent–cinquante œuvres de Berthe Morisot, le musée Marmottan Monet organise la première rétrospective de la carrière de l’artiste depuis près de cinquante ans à Paris. Ou la vie de la plus illustre des femmes impressionnistes.

C’est afin qu’elles puissent offrir leurs œuvres à leur père que madame Morisot mit ses deux filles, Berthe et Edma, à l’étude du dessin. Heureuse inspiration ! Car les deux sœurs, que deux ans séparent (Berthe, née en 1841, est la cadette), se passionnent pour leur formation qui détermina pour Berthe une vocation. L’école de Beaux–Arts n’étant pas ouverte aux jeunes filles, il faut leur faire donner des cours particuliers. D’abord élèves de Chocarne, elles confieront ensuite leur formation à Guichard, qui les inscrira comme copistes au Louvre où Berthe reproduira assidûment Véronèse. Devant l’évidence de leurs capacités (les deux sœurs sont alors considérées comme aussi talentueuses l’une que l’autre), le maître les recommandera à Corot, dont l’initiation à la peinture de plein air déterminera un goût particulier chez Berthe, qui en sera l’une des représentantes les plus spontanées. À cette époque, de 1861 à 1864, les parents Morisot choisissent leurs lieux de vacances selon le vœu des deux jeunes artistes. Et c’est ensemble qu’elles entreront pour la première fois au Salon de 1864.

Edma s’étant mariée en 1869, elle renonce aux Beaux–Arts et part s’installer à Lorient. Elle restera néanmoins pendant plusieurs années le modèle de prédilection de sa sœur, que le renoncement n’effleura pas. Alors, comme l’écrira Paul Valéry : « Un peu à l’écart, une dame : Berthe Morisot. Elle peint à sa guise. » Peut–être à l’écart parce que menant une vie discrète et bourgeoise, cette dame n’en est pas moins intime de Manet qu’elle rencontre au Louvre en 1868 et dont elle épousera le frère, Eugène. Elle sera aussi durant quelques années l’un de ses modèles les plus appréciés. Par cette rencontre capitale qui influera sur son travail, Berthe Morisot fréquentera Degas, Renoir et Monet, habitués des mardis de madame Morisot. C’est à elle qu’Edgar Degas écrira, en 1874, pour inviter Berthe à participer à la première exposition impressionniste : « nous trouvons que le nom et le talent de mademoiselle Berthe Morisot font trop notre affaire pour pouvoir nous en passer ». Acceptant l’invitation, elle sera la seule femme à exposer et renoncera définitivement au Salon officiel, devenant ainsi une impressionniste officielle. Et elle sera en effet de toutes les expositions impressionnistes, en dehors de celle qui suivit de trop près la naissance de sa fille Julie, en 1878. Elle n’exposera nulle part ailleurs jusqu’en 1886, année de la dernière de ces expositions, où elle sera l’une des rares à accepter de figurer aux côtés de Seurat et de Signac.

De Berthe Morisot, Paul Valéry écrivit encore que sa singularité fut de « vivre sa peinture et de peindre sa vie ». Rien ne paraît plus justement exprimé. L’élégance et l’intimité se mêlent dans son art, avec le mystère qui s’allie à une certaine douceur, et ce qu’elle–même décrivit avec ces mots qui donnent son éclairage à l’artiste, à sa vie et à son œuvre : « Le rêve c’est la vie, et le rêve est plus vrai que la réalité. »

 

Berthe Morisot (1841–1895)
Jusqu’au 1er juillet

Musée Marmottan Monet
2, rue Louis Boilly – 75016 Paris
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h, nocturne le jeudi jusqu'à 20h
Entrée : 10 / 5 €


P. D. (29 mai 2012)


 




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