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Un article sur l’exposition José María Sert, Le Titan à l’œuvre, au Petit Palais, Paris
:::: mots clés : José María Sert y Badia | Jacques–Emile Blanche | Pablo Picasso | Salvador Dalì | Camille Claudel | Marcel Proust | Sergei Pavlovich Diaghilev | Jean Cocteau |


JOSÉ MARÍA SERT TITANISÉ
par Pierre Deschodt

 

José María Sert : Fantaisie méditerranéenne, 1935 - esquisse pour décor salle de bal hôtel particulier Mdivani – huile sur papier - 116,5 × 119,5 cm © MNAC-Museu Nacional d’Art de Catalunya, Barcelone / Photos Calveras / Mérida / Sagristà

José María Sert
Fantaisie méditerranéenne, 1935
esquisse pour décor salle de bal hôtel particulier Mdivani
huile sur papier
116,5 × 119,5 cm
© MNAC-Museu Nacional d’Art de Catalunya, Barcelone / Photos Calveras / Mérida / Sagristà

José María Sert : Les quatre saisons - salle à manger Arthur Capel - « Amérique ou l’hiver », 1917-1919 - huile et argent sur bois - 363 × 560 cm - MNCARS, Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, Madrid © Archivo fotográfico Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, Madrid

José María Sert
Les quatre saisons - salle à manger Arthur Capel - « Amérique ou l’hiver », 1917-1919
huile et argent sur bois
363 × 560 cm
MNCARS, Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, Madrid
© Archivo fotográfico Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, Madrid

José María Sert : Esquisse pour projet décoration Chapelle de l’Alcàzar de Tolède : « Vers la Gloire » - huile, or et argent sur bois avec marquetterie de bois peint en rouge - Galerie Artur Ramon i Navarro, Barcelone © Guillem Fernández-Huerta

José María Sert
Esquisse pour projet décoration Chapelle de l’Alcàzar de Tolède : « Vers la Gloire »
huile, or et argent sur bois avec marquetterie de bois peint en rouge
Galerie Artur Ramon i Navarro, Barcelone
© Guillem Fernández-Huerta

José María Sert : Scènes de cirque - paravent de 4 feuilles pour le boudoir de la reine d’Espagne, Patrimonio nacional - palacio de El Pardo, Madrid, 1920, huile sur étain sur bois, 275 × 400 cm © Patrimonio nacional - palacio de El Pardo, Madrid

José María Sert
Scènes de cirque, 1920
paravent de 4 feuilles pour le boudoir de la reine d’Espagne
huile sur étain sur bois
275 × 400 cm
© Patrimonio nacional - palacio de El Pardo, Madrid

José María Sert : Les quatre saisons - salle à manger Arthur Capel - « Europe ou l’automne », 1917-1919 - huile et argent sur bois - 363 × 551cm - MNCARS © Archivo fotográfico Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, Madrid

José María Sert
Les quatre saisons - salle à manger Arthur Capel - « Europe ou l’automne », 1917-1919
huile et argent sur bois
363 × 551 cm
MNCARS © Archivo fotográfico Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, Madrid

José María Sert : La danse de la mort - esquisse pour la troisième décoration de la cathédrale de Vic - décor de l’abside : « le Calvaire » – triptyque 1939-1945, huile sur toile sur châssis de bois -  250 × 100 cm - Mairie de Vic © Frederic Roig, Barcelone

José María Sert
La danse de la mort - esquisse pour la troisième décoration de la cathédrale de Vic - décor de l’abside : « le Calvaire », 1939-1945
triptyque - huile sur toile sur châssis de bois
250 × 100 cm
Mairie de Vic © Frederic Roig, Barcelone

Plus que par sa facture baroque proprement dite, c’est par le gigantisme de son œuvre de décoration de monuments à travers le monde que José María Sert étonna ses contemporains. C’est cette approche technique que privilégie l’exposition du Petit Palais pour le faire connaître à une époque qui l’a oublié.

José María Sert est aujourd’hui un artiste méconnu du public, et c’est dans l’espoir d’y remédier que le Petit Palais, avec des organisateurs passionnés, a monté cette exposition inspirée. Ayant reçu une formation classique dans sa ville natale de Barcelone, Sert fréquenta les milieux symbolistes et Art Nouveau, et ses premiers travaux furent destinés à la manufacture de textile familiale « Sert Hermanos ». Est–ce que ses premiers pas professionnels déterminèrent son ambition annoncée d’être « peintre décorateur » ? De fait il s’y tint, puisque c’est dans cette optique qu’à la mort de ses parents, en 1899, âgé de vingt–cinq ans et disposant d’une fortune conséquente, il s’installa à Paris.

Quelques années plus tard, en 1907, il y acquit la renommée grâce à la présentation au Salon d’Automne du projet de décoration de la cathédrale de Vic, en Catalogne. Parmi ses amis, il comptait Stravinski, De Falla, Jacques–Emile Blanche, Picasso, Dali, Claudel, Proust, Chanel, Diaghilev, Cocteau. Et qui dit peintre décorateur, dit peintre mondain. Ce qui est peut–être en partie la cause de la méconnaissance du public à son égard, avec aussi les convictions franquistes qu’il affichera plus tard… Ses premières commandes de décors pour la Princesse de Polignac ou pour Sir Saxton Noble, firent de Sert le décorateur attitré des grands de ce monde au milieu desquels, avec sa femme Misia « reine de Paris » des années d’avant–guerre, il fut non seulement un égal mais une figure et un hôte, dans les deux sens du terme, très recherché (sa vie avec Misia inspirera plus tard Les Monstres sacrés à Cocteau). Les commandes tombaient, pour l’industriel Arthur Capel, amant de Gabrielle Chanel et pour la couturière elle–même, pour le milliardaire Joshua Cosden et après–guerre pour le roi et la reine d’Espagne ou pour Maurice Wendel, pour ne citer que ceux–là.

L’exposition du Petit Palais, outre quelques pièces comme Les Quatre Saisons, commandées par Arthur Capel et acquises à sa mort accidentelle par Robert de Rothschild, ou le paravent Visions de Naples qui appartint à Gabrielle Chanel, tous deux composés d’énormes panneaux, s’attache particulièrement à montrer la méthode et les étapes du travail de José María Sert afin de réaliser ses œuvres monumentales, d’où son titre évocateur de travaux surhumains : « le Titan à l’œuvre » (la figure du Titan apparaissant par ailleurs dans ses commandes publiques à sujets moraux des années trente). Pour ce qui est des étapes, on n’en connait pas l’ordre, mais le visiteur accède réellement aux secrets de fabrication de Sert, mis en œuvre dans son atelier parisien depuis lequel il livrait ses travaux dans le monde entier : multitude de photos prises systématiquement lors de ses nombreux voyages pour nourrir l’extrême profusion de ses décors, dessins d’esquisses, « études photographiques » à l’aide de santons articulés et de mannequins en bois, construction de la maquette des lieux, mise au carreau, raccords et retouches. Tout est là de ce qui conduisit au Monde Bienheureux pour la cathédrale de Vic (installé entre 1927 et 1929), exploit qui enthousiasma le monde et stimula ainsi les commandes pour le Palais des Nations de Genève avec Ce qui sépare et unit les hommes, ou pour le RCA building de New York. En 1945, Sert acheva le troisième décor réalisé pour la cathédrale de Vic, incendiée en 1936. Ce fut La Danse de la mort, dont l’installation précéda de seulement quelques jours la sienne, le 22 novembre 1945.

 

José María Sert, Le Titan à l’œuvre (1874–1945)
Jusqu’au 5 août 2012

Petit Palais, Musée des Beaux–Arts de la Ville de Paris
Avenue Winston Churchill – 75008 Paris
Tél. : 01 53 43 40 00
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h, le jeudi jusqu’à 20h
Entrée : 10 / 5 €


P. D. (11 juin 2012)


 




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