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Un article sur l’exposition d’Amy O’Neill à la galerie Blancpain Art Contemporain à Genève
:::: mots clés : Amy O’Neill | Galerie Blancpain Art Contemporain | Jasper Johns


GENÈVE : AMY O’NEILL CHEZ BLANCPAIN
par Alain Dreyfus

 

Amy O’Neill : Deconstructing 13 Stripes and a Rectangle-Spring, 2011 - Toile de jute cousue main et sable - 100 x 150 x 6 cm – courtesy galerie Blancpain Art Contemporain

Amy O’Neill
Deconstructing 13 Stripes and a Rectangle–Spring, 2011
Toile de jute cousue main et sable
100 x 150 x 6 cm
courtesy galerie Blancpain Art Contemporain

Amy O’Neill : Victory Maidens, 1943-2011 - Photo n&b, cadre en noyer - Edition 3 exemplaires - 35 x 43 cm – courtesy galerie Blancpain Art Contemporain

Amy O’Neill
Victory Maidens, 1943–2011
Photo n&b, cadre en noyer
Édition 3 exemplaires
35 x 43 cm
courtesy galerie Blancpain Art Contemporain

Amy O’Neill : Bow, 2011 - Lithographie offset et cadre en noyer - Edition 4 exemplaires - 54,6 x 64 cm – courtesy galerie Blancpain Art Contemporain

Amy O’Neill
Bow, 2011
Lithographie offset et cadre en noyer
Édition 4 exemplaires
54,6 x 64 cm
courtesy galerie Blancpain Art Contemporain

Amy O’Neill : Eispalast, 2009 - Fusain sur papier - 198 x 140 cm – courtesy galerie Blancpain Art Contemporain

Amy O’Neill
Eispalast, 2009
Fusain sur papier
198 x 140 cm
courtesy galerie Blancpain Art Contemporain

Amy O’Neill : Old Woman’s Shoe, 2007 - Sérigraphie thermoformée - Edition 2/6 - 94 x 80 x 5 cm – courtesy galerie Blancpain Art Contemporain

Amy O’Neill
Old Woman’s Shoe, 2007
Sérigraphie thermoformée
Édition 2/6
94 x 80 x 5 cm
courtesy galerie Blancpain Art Contemporain

Amy O’Neill : Forest Park Menu, 2007 - Sérigraphie thermoformée - Edition 3 exemplaires - 89 x 78 x 5 cm – courtesy galerie Blancpain Art Contemporain

Amy O’Neill
Forest Park Menu, 2007
Sérigraphie thermoformée
Édition 3 exemplaires
89 x 78 x 5 cm
courtesy galerie Blancpain Art Contemporain

Des poireaux, des tomates, des courgettes, des patates. L’exposition des travaux d’Amy O’Neill, transformerait–elle la vaste galerie Blancpain Art Contemporain de Genève en magasin de primeurs ? Pas tout à fait.

Ces assemblages impropres à la consommation puisqu’ils sont faits de pigments et quelquefois de coussins et d’édredons remplis de sable disposés sur les murs et sur le sol, empruntent tous leurs structures à celle du drapeau américain. Les étoiles sont remplacées par des légumes de toutes obédiences et les bandes transversales par des sillons de laboureur. Ce qui pourrait passer pour un remake agricole des célèbres toiles de Jasper Johns, qui avait traité à sa manière, dans sa série de Flag au mitan des années 50 la bannière étoilée, témoigne ici d’une démarche très différente. Cet ensemble baptisé Jardins de Victoire, se réfère à l’essaimage patriotique pendant les deux Guerres mondiales. En ces temps où ravitailler les troupes au combat était la priorité, on demandait alors à la population des banlieues de cultiver pour la nation des jardins potagers. D’une part afin d’assurer leur subsistance, mais aussi pour, à leur manière, participer à la bataille. Les textes et les affiches de propagande de l’époque que l’on peut consulter dans l’expo témoignent de cette idéologie, riche en images aussi fortes que simplistes ; « Semez les graines de la Victoire », « Chaque potager est une usine de munitions » et « Notre nourriture combat ». Amy O’Neill présente aussi sur les cimaises quelques photos d’époque, où des gamines tout sourire, futures ménagères et futures reproductrices de chair à canon, posent avec entre les mains quelques végétaux dantesques issus des potagers patriotiques.

En donnant à ses œuvres la forme de la Bannière Étoilée, Amy O’Neill fait en quelque sorte du deux en un. En utilisant le symbole le plus fort de la civilisation américaine (il suffit de mettre les pieds aux États–Unis pour constater l’incroyable quantité d’étendards dans l’espace public et privé) tout en lui attribuant des qualités de fertilité et de fécondité, elle le transforme, au sens propre, en champ idéologique. Un champ où l’on ne risque pas de voir pousser grand–chose, puisque les matériaux qu’elle emploie sont de ceux qui ne donnent ni fleurs, ni fruits, encore moins de légumes. Tout au plus les sacs de sable qui forment sur les pièces posées à terre les sillons du laboureur font penser à ceux utilisés en temps de guerre pour se protéger des pluies de bombes. Même s’ils sont d’une grande qualité plastique et qu’ils manquent ni d’humour ni surtout d’ironie, les jardins de la Victoire d’Amy O’Neill n’incitent guère à l’optimisme.

Ce n’est pas la première fois que cette artiste américaine qui a longtemps vécu en Suisse travaille sur les symptômes de civilisation. Au printemps de Septembre de Toulouse en 2009, elle avait traité avec la même acuité la culture du divertissement, notamment au travers des concours de miss dans son pays d’origine, sur fond de parc d’attraction en ruines.

 

Amy O’Neill : « les Jardins de la Victoire »
Jusqu’au 30 juin 2012
Galerie Blancpain Art Contemporain

63, rue des Maraîchers – 1205 Genève
Tél. : (00) 41 22 328 38 02
Ouvert du mardi au vendredi de 14h30 à 18h30, le samedi de 14h à 17h et sur rendez–vous


A. D. (19 juin 2012)


 




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