Paul Klee au Musée de l’Orangerie
jusqu'au 19 juin
Le Musée de l’Orangerie présente une sélection des toiles de Paul Klee venant de la Fondation Beyeler. Une bonne occasion d’admirer l’un des hérauts de l’art moderne et l’une des personnalités les plus étranges de la peinture, à cheval entre la musique, la théorie, l’abstraction et la poésie.
Le marchand d’art et collectionneur suisse Ernst Beyeler, récemment disparu, appréciait beaucoup Paul Klee. Il en possédait plusieurs centaines d’œuvres, avec une prédilection pour les dernières années du peintre suisse, quand celui-ci amplifiait et épurait son style, à l’approche de sa mort concomitante de la montée du nazisme. Le Musée de l’Orangerie présente donc quelques unes des meilleures toiles de Klee en provenance de la Fondation Beyeler ce qui ne pourra que ravir les amateurs du peintre préféré de Pierre Boulez et que Picasso lui-même considérait comme l’un des rares inventeurs de formes au XXe siècle avec Miró, Matisse, et, bien sûr, lui-même.
Paul Klee, né dans une famille de musiciens suisses en 1879, a toujours considéré la musique comme un pivot de son existence ; il peindra des petits idéogrammes proches des signes musicaux à de nombreuses reprises. Familier du Cavalier Bleu et du Bauhaus, donc en étroites relations avec Kandinsky, August Macke et Franz Marc, il sera le peintre d’une abstraction lyrique combinant les avancées du cubisme avec une touche orientalisante et surtout un univers personnel des plus impénétrables que l’on peut ramifier avec l’onirisme d’un Kubin.
Cette exposition au Musée de l’Orangerie montre bien la ligne de fracture entre la première période faite de petits formats à la joliesse touchante et les dernières années avec les grands tableaux plus radicaux et hachés, où l’on sent monter l’angoisse de la mort — il succombera d’une sclérodermie en 1940. Klee fera partie d’une exposition sur l’art dégénéré organisée par les nazis avant d’entrer définitivement dans le cénacle des grands artistes créateurs d’univers personnels sidérants de justesse.
Paul Klee, chefs-d’œuvre de la Fondation Beyeler
jusqu’au 19 juin 2010
Musée de l’Orangerie
Place de la Concorde, Jardin des Tuileries - 75001 Paris
Tél. : 01 42 61 30 82
ouvert tous les jours sauf le mardi de 9h à 18h
Tarifs : 9,5 € ou 7,5 € en tarif réduit
R. G. (25 mai 2010)




