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Exposition Passages du temps de Ra’anan Levy au musée Maillol

RÉSIDUS PSYCHIQUES DU VIDE
par Romaric Gergorin

Ra’anan Levy est un curieux artiste qui a choisit d’explorer une métaphysique du vide, à travers sa peinture. Il déploie des intérieurs désertés de toute présence humaine. Une expérience envahissante de l’emprise de la solitude sur les objets.

 

Ra’anan Levy : Femme, 2010 - Huile sur toile - 210 x 240 cm - Collection particulière © Ra’anan Lévy

Ra’anan Levy
Femme, 2010
Huile sur toile
210 x 240 cm
Collection particulière
© Ra’anan Lévy

Ra’anan Levy : Eruption, 2008-2009 - Pastel, fusain, crayon Conté et tempera sur toile - 168 × 198 cm © Ra’anan Lévy Ra’anan Levy : Nombril, 2010 - Huile sur toile - 76 x 85 cm - Collection particulière © Ra’anan Lévy Ra’anan Levy : Vertigo, 2010 - Huile sur toile - 190 × 247,5 cm - Collection particulière © Ra’anan Lévy

Pour sa deuxième exposition au Musée Maillol, ce peintre figuratif qui partage sa vie entre Paris et Jérusalem présente une série de tableaux d’assez grands formats qui tous se concentrent sur des détails d’appartements parisiens. Ici un évier décati, là une baignoire, ou encore une entrée communicante entre plusieurs pièces, bref Ra’anan Levy s’applique à peindre des fragments de mobilier d’appartement hors d’âge. Dans une veine naturaliste aux couleurs froides, il se concentre sur des détails inertes, où l’entropie et la mort rodent à côté d’une solitude sans nom. Ce qui n’est pas sans évoquer une certaine littérature des ruines, de la désertification intérieure des Chroniques martiennes de Ray Bradbury à l’affaissement du Malone meurt de Beckett. Car de cet effondrement intérieur construit par Levy émane un halo de fantastique proche de l’horreur. Des saynètes aux couleurs violacées, qui détaillent avec une précision blafarde ces salles de bains et salons vieillots, évoquent au final les scènes de terreur de Bacon, mais sans les corps de papes ou d’amants déformés par la douleur, seuls restent les couleurs des carnations, et les titres des œuvres, évocateurs, tels Nombril, Femme. Une progression surréelle mène de lieux de carnation en lieux du carnage, à l’abandon.

 

Ra’anan Lévy, Passages du temps
jusqu’au 12 février 2012

Musée Maillol
61, rue de Grenelle - 75007 Paris
Ouvert tous les jours de 10h30 à 19h, nocturne le vendredi jusqu’à 21h30
Tarif : 11 €

Catalogue de l’exposition Passages du temps, édité par le musée Maillol, 143 pages, 30 €


R. G. (24 janvier 2012)


 








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