Organisée par la National Gallery of Art de Washington et le musée d’Orsay, l’exposition « Une balade d’amour et de mort : Photographie préraphaélite en Grande-Bretagne, 1848-1875 » met en exergue un mouvement visuel britannique qui fit de Raphaël le père de la décadence en art. Mus par un désir commun de repartir à zéro, c’est-à-dire, pour eux, sur les bonnes bases des primitifs de la Renaissance italienne, les peintres Hunt, Millais, Rossetti et quelques autres prônèrent le retour en force d’une esthétique morale, c’est-à-dire intelligente.
Les débuts furent difficiles pour eux face à des critiques très virulentes mais le succès arriva néanmoins, d’abord avec le soutien du critique John Ruskin dès 1851, puis l’« Exposition universelle » de 1855 à Paris où ils triomphèrent. En 1857 le groupe se fractionna et ce sont les photographes qui continuèrent de valoriser la démarche picturale préraphaélite. Julia Margaret Cameron, David Wilkie Wynfield et Lewis Carroll, les plus célèbres, s’appuyaient sur ce même désir de précision, d’illusionnisme parfait et paradoxalement, ouvert sur la rêverie. Comme si le rêve et l’éveil pouvaient être saisis dans une même perception.
Une balade d’amour et de mort : Photographie préraphaélite en Grande-Bretagne, 1848-1875
Jusqu’au 29 mai 2011
Musée d’Orsay
1, rue de la Légion d’Honneur – 75007 Paris
Ouvert tous les jours sauf le lundi, de 19h30 à 18h et le jeudi jusqu’à 21h45
Entrée : 8 / 5,5 €
J. L. G. (2 mai 2011)




