Chassol crée Nola Chérie pour le Centre d’Art Contemporain de la Nouvelle Orléans, une œuvre où la musique transperce l’image à moins que ce soit le contraire. Il la jouera deux fois en live à Paris ; en mars au Café de la Danse et en avril au Palais de Tokyo.
Nola Chérie est une œuvre émouvante à l’extrême qui s’éloigne à la fois de la vidéo et du son. Montées, démontées, mises en boucle, superposées, Chassol conjugue son jeu avec les images avec son jeu de piano, accompagné par la batterie de Lawrence Clais. L’œuvre exécutée en live aspire le public par son intensité. Tout a commencé de manière assez naturelle. En partant de tous les médias que réunit son ordinateur, Chassol se retrouve à composer sur son logiciel de son, tout en regardant une vidéo sur Youtube. Ses premières harmonisations sont donc des vidéos « trouvées », assez courtes, qu’il harmonise avec son clavier. Chassol fait des allers et retours entre son final Cut et son logiciel de musique pour aboutir à l’œuvre finale. L’image et la musique sont en fusion.
« Harmoniser le réel » selon son expression, ce n’est pas faire une symphonie, accorder les choses entre elles, c’est aussi créer des dissonances, des teintes différentes, transformer le son en parole et la parole en son. Quand le Cacno (Contemprary Art Center of New-Orleans) lui propose de faire une exposition de ses harmonisations, Chassol leur propose de faire un film. Nola Chérie est alors née des fanfares, des gens, et de la vie si forte de la Nouvelle-Orléans sur fond de mort qui plane sur la ville. Il est assez difficile de classer ou de définir Nola Chérie.
Lorsque l’on demande à Christophe Chassol (né en 1976) quelles sont ses références musicales il répond : Steve Reich, Miles Davis et Ennio Morricone. Et puis lorsqu’on lui demande de citer des artistes plasticiens il fait référence à Paul Klee, Christian Marclay et Bill Viola. Mais alors Chassol se sent-il plus musicien ou plasticien ? « Je suis d’abord musicien, je monte l’image comme j’écrirais une partition. Je ne me trouve pas de filiation avec les arts sonores ou avec la musique plastique car mon approche de la musique n’est pas liée au son, je suis un musicien du XXIe siècle qui croise le medias. » Le fait de passer par l’art contemporain permet à Chassol de faire plus de choses que dans le milieu de la musique où les projets sont soumis à des formats stricts. Il remarque que « le cadre muséal est bien car les gens qui viennent ont l’oreille bien tendue ». Nola Chérie est une expérience extrême qui nous plonge dans la réalité crue des sensations.
Nola Chérie de Chassol
le 2 mars au Café de la danse et au Palais de Tokyo avec le Tokyo Art Club courant avril
C. M. (21 février 2012)




