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Louvre, jardins compris

par Joël Riff


En un périmètre réduit, nous parcourrons l'actualité d'un site prestigieux dont il est difficile d'estimer toute la richesse. Le Palais du Louvre, en plus d'héberger l'un des plus grands musées du monde, pétille dans ses ailes et son parc d'institutions indépendantes et d'interventions inouïes d'artistes contemporains s'inscrivant avec intelligence dans le contexte patrimonial.

Le Musée du Louvre reste inépuisable dans ses collections permanentes si précieuses, trésors encyclopédiques conservés dans un écrin lui-même remarquable. Contentons-nous de le parcourir comme décor aux invitations courageusement faites à des plasticiens contemporains qui habitent ponctuellement la grandiose demeure. Joseph Kosuth a investi les fondations médiévales, composant une minimale déambulation électrique par la dispersion de phrases lumineuses blanches sur les pierres centenaires des épais murs encadrant la promenade souterraine. On avance ainsi au rythme de la lecture, découvrant les sentences pas à pas. Pierre Soulages accroche un grand format bipartite inlassablement noir au sein des primitifs italiens, contrepoint sourd absorbant par contraste, les fastes des polyptyques voisins. Umberto Eco réunit à l'autre extrémité de l'aile Denon, dans le cadre de son cycle au château intitulé Vertige des listes, un excitant corpus d'œuvres graphiques historiques et actuelles exploitant l'énumération en tant que moteur plastique ou unique sujet. Quelques étages en dessous, au Pavillon des Sessions, une annexe du Musée du quai Branly présente Portraits Croisés, une enrichissante confrontation de son fonds de photographies ethnographiques mis en regard de l'ensemble de sculptures d'art premier stockées là, évènement constitutif de Photoquai 2009, 2e Biennale de l'image du Monde. Enfin, revenons sur nos pas pour rejoindre l'un des angles de Sully où Anselm Kiefer installa de manière pérenne une œuvre élégamment inscrite dans les alcôves d'un majestueux escalier.
Respectivement jusqu'au 21 juin 2010, 18 janvier 2010, 8 février 2010 et 30 novembre 2009
Musée du Louvre

75001 Paris

À l'Union Centrale des Arts Décoratifs, dans le prolongement d'une des ailes de l'interminable bâtisse, outre des collections là aussi généreuses dont les cabinets de bijoux somptueux, se tient l'exceptionnelle présentation des productions textiles de Madeleine Vionnet, couturière incomparable ayant façonné des silhouettes rigoureuses aux coupes géométriques dont les modèles se succèdent selon une scénographie chic et sobre d'Andrée Putman. Plus loin, dans la nef, on s'intéresse aux esquisses des designers avec Dessiner le design qui montre en une suite de vitrines, crobars souvent maladroits et rendus parfois prétentieux réalisés par des créateurs de mobilier. La structure présente également Hommage à Toulouse-Lautrec affichiste, et toujours Aussi rouge que possible. qui s'attèle à l'exercice de la thématique chromatique.
Respectivement jusqu'au 31 janvier 2010, 10 janvier 2010, 3 janvier 2010 et 3 janvier 2010
Arts Décoratifs

107, rue de Rivoli - 75001 Paris

Quelques foulées à l'air frais et nous gagnons le Carrousel du Louvre où nous pouvons à nouveau nous engouffrer pour nous présenter au salon Paris Photo qui reste une foire incontournable réunissant annuellement les experts du médium durant le mois de novembre qui y est désormais dédié. L'actuelle édition honore la création orientale en focalisant son propos autour de photographes iraniens et arabes.
Jusqu'au 22 novembre 2009
Carrousel du Louvre

99, rue de Rivoli - 75001 Paris

Il nous reste maintenant à traverser les Tuileries pour en parcourir le versant Ouest. Sur le chemin, parmi d'autres sculptures dispersées, celle émouvante de Giuseppe Penone qui moula la dépouille d'un arbre abattu par une tempête pour en faire le martyr des voyelles, gisant sombre entre les herbes.

Nous approchons du Musée de l'Orangerie abritant en son cœur sur les murs panoramiques de deux salles ovales les sublimes marres nébuleuses de Claude Monet. Ces vues bucoliques violacées baignant dans une délicieuse lumière zénithale continue à prodiguer leur charme magnétique malgré le siècle de brumes humides qui nous sépareront bientôt d'elles. Le musée annonce Les enfants modèles : de Claude Renoir à Pierre Arditi parmi ses manifestations temporaires.
Du 25 novembre au 8 mars 2010
Musée de l'Orangerie, Jardin des Tuileries

75001 Paris

Sur l'autre terrasse occidentale, symétrique à l'Ancienne Orangerie, se dresse le Jeu de Paume qui donne à voir aujourd'hui trois expositions. Tris Vonna-Michell compose de beaux dispositifs de projections audacieuses ou agencements subtils d'images et de documents rendant hommage à un poète défunt. Dans les étages se déploie l'Italie, avec Fellini, la Grande Parade et une monographie menue de Francesco Vezzoli.
Jusqu'au 17 janvier 2010
Jeu de Paume

1, place de la Concorde - 75008 Paris

Avant d'abandonner notre domaine jadis monarchique, prenons le temps de marquer une ultime étape autour d'œuvres délicates de Louise Bourgeois essaimées tout près de La Concorde, mains de bronze se réconfortant en diverses configurations toujours chaleureuses, formulation parfaite d'une humanité altruiste rayonnant par sa capacité à accueillir : Bienvenue.


J. R. (19 novembre 2009)