Pour sa quinzième édition, Paris Photo se répand sous la verrière du Grand Palais. On connait l’illustre endroit, que l’on retrouve trois semaines à peine après la Fiac, dans une configuration similaire. Le spectateur attentif pourra continuer à se demander si le lieu sied vraiment à l’appréciation de clichés par centaines. Mais quittons l’incontournable vertige pour nous concentrer sur ces alternatives qui donnèrent autrement à voir la photographie à Paris, en ce mois de novembre traditionnellement consacré au sensible médium.

nofound_photofair
Thierry Mouillé
Livre de neige, 2007
Courtesy Galerie Claudine Papillon, Paris
Et commençons par la plus réjouissante. Pour sa première édition, nofound_photofair s’aventure sur les deux étages d’un garage du Marais. Prolongement d’un projet curatorial initié en ligne en 2007 par Emeric Glayse, cette foire offre une visibilité à des pratiques photographiques qui en trouvent peu au sein des circuits classiques. Voilà donc une plateforme réactive qui ménage une belle place aux modes de diffusion dépassant le marché conventionnel, tels que l’édition papier ou la publication internet. Ou comment embrasser l’actualité des images. Mais qui dit blog ne dit pas foutoir, et l’équipe démontre bien comment ne pas être poussiéreux tout en affirmant son sérieux. L’espace est partitionné pour quarante-trois exposants. Parmi eux, des structures étrangères telles que la prestigieuse Haunch of Venison et d’autres londoniennes, un bel ensemble de parisiennes dont Alberta Pane, Bertrand Grimont, Claudine Papillon, Frank Elbaz, Frédéric Lacroix, Intuiti ou Marie Cini, sans oublier La Porcherie basée à Ménétreux-le-Pitois. À ces marchands s’ajoutent de remarquables entités qui font rayonner les projets qu’ils portent : TPTP agglomère quatre sensibilités, CéFêT expose les délicieux Pdf de Maxime Thieffine, Carte s’associe à Upsilon pour célébrer le grégaire et Jean Boîte édite les captures de Jon Rafman. Signalons que dans cette énergie particulièrement excitée, deux collectionneurs ont été conviés à montrer leur fonds, aux filles comme aux garçons.
Du 11 au 14 novembre 2011
Garage Turenne
66, rue de Turenne - 75003 Paris
www.nofoundphotofair.com
Complémentaire dans la contemporanéité de son propos, Offprint se focalise sur l’image imprimée. Plus d’une soixantaine de participants, exclusivement invités, accueillent le public dans plusieurs salles de classes d’un lycée réaffecté. L’atmosphère est décontractée et l’on bavarde aisément avec tous ces passionnants éditeurs indépendants. Il faut ici vraiment prendre le temps de feuilleter les pages à portée de mains, qui souvent révèlent des merveilles.
Du 10 au 13 novembre 2011
Lycée Auguste Renoir
21-24, rue Ganneron - 75018 Paris
www.offprintparis.com
Le Bal est à la fois voisin et partenaire d’Offprint. C’est l’occasion de rappeler l’actuelle exposition que l’endroit présente. Topographies de la guerre réussit à parler d’une chose sans la montrer, ou en évitant du moins sa frontalité spectaculaire. Les artistes réunis visent indirectement leur sujet qu’est le conflit, en documentant les lisières de son habituelle représentation.
Jusqu’au 18 décembre 2011
Le Bal
6, impasse de la Défense - 75018 Paris
Tél. : 01 44 70 75 50
les mercredi et vendredi de 12h à 20h, le jeudi de 12h à 22h, le samedi de 11h à 20h et le dimanche de 11h à 19h
Photo Off revient cette année. Quatre tirages toujours monumentaux de Patrick Tourneboeuf. Une série belliqueuse d’Emeric Lhuisset.
Du 10 au 13 novembre
La Bellevilloise
21, rue Boyer - 75020 Paris
www.photooff.com
Et toute proche des Champs-Élysées, Foto Fever ouvre ses portes pour la première fois. Chaque visiteur se voit équipé d’un guide assez malin qui rappelle les bases historiques et techniques de la photographie, afin de parcourir savamment les trois étages de la manifestation. Malgré un respectable comité artistique composé par Pierre Cornette de Saint-Cyr, Stéphane Corréard, Patrice Joly et Peter Knapp, l’évènement propose une offre avec assez peu de relief. Deux formidables exceptions bousculent cependant la visite, nous venant du Japon et de Berlin. La Galerie Wada Garou aligne des impressions veloutées de Ryuji Taira, d’une sobriété inespérée dans la cacophonie bariolée environnante. Et Alexandra Rockelmann défend les mises en scène sophistiquées de Florian Japp.
Du 11 au 13 novembre 2011
Espace Pierre Cardin
3, avenue Gabriel - 75008 Paris
http://fotofeverartfair.com
J. R. (14 octobre 2011)




