Le musée Dapper propose une très belle exposition des productions africaines et caribéennes liées aux rituels sociaux. Une mine de formes et de concepts à des fins de cohésion sociale.

TRINIDAD - Ville : Port of Spain
Zak Ové
The Devil is White - Série « Transfigura »
© PHOTO DE ZAK OVE, 2004
Le masque constitue la pierre angulaire de nombreuses pratiques et catharsis collectives en Afrique. C’est un dispositif puissant et troublant pour notre regard occidental. Choc esthétique certes — auquel Picasso, Braque et d’autres succombèrent — mais pas seulement. À travers une approche pluridisciplinaire, le musée Dapper nous rappelle que le masque n’est pas une simple fantaisie plastique, mais le support essentiel de pratiques culturelles mettant en jeux les forces vitales du groupe. La première partie de l’exposition décode ainsi, à travers un ensemble d’œuvres puissantes, le sens des principales mascarades africaines : initiation, intronisation, justice, deuil, fertilité, etc.
Dans une seconde partie, ouverture audacieuse de l’Afrique vers les Caraïbes, le visiteur est invité à déplacer et repenser ces rites. Car les danses masquées africaines — importées par les vagues successives d’esclaves exilés — ont trouvé aux Antilles un terreau fertile. Mâtinées de diverses influences, elles ont donné naissance aux carnavals que nous connaissons aujourd’hui. Rassemblements populaires et ludiques de prime abord, ces manifestations s’ancrent en réalité dans un terrain plus politique et social qu’il n’y paraît. Dans un parcours mêlant vidéo, créations contemporaines (œuvres des plasticiens Georges Grangenois, Hervé Beuze) et réflexion d’artiste (travail photographique de Zak Ové) le musée Dapper met en lumière une culture complexe et vivante, en prise constante avec ses racines métisses.
Mascarades et carnavals
Jusqu’au 15 juillet 2012
Musée Dapper
35 bis, rue Paul Valéry - 75116 Paris
Tél. : 01 45 00 91 75
Ouvert tous les jours, sauf le mardi et le jeudi, de 11h à 19h
Entrée : 6 / 4 €
N. R. (25 octobre 2011)



