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Expos aux Beaux-Arts de Paris : Derniers jours !

par Sophie Schmit


1/Giuseppe Penone, l'art ad vitam

Giuseppe Penone est un grand artiste. Un très grand artiste. Il suffit d'aller voire son arbre effondré dans l'un des carrés du jardin des Tuileries. Le voilà déjà envahi par une végétation grouillante. Il suffit aussi de traverser la Seine pour entrer à l'Ecole des beaux-arts puis pénétrer dans la Salle des Etudes merveilleusement restaurée. Là un sapin monumental s'est effondré. La main de Penone (1947) s'est emparée de cette « Matrice de Sève », l'a fendue en deux, creusée en abreuvoir, fragmentée pour ensuite l'unir de patte modelée de sa main. Puis, il l'a rendu à la vie en lui injectant de la sève couleur de sang. Reposant sur ses branches, le sapin ressemble à un mille-pattes. Mais la longue rainure rouge court le long de la salle monumentale, s'infiltre dans les fresques anciennes de Durban puis se glisse dans le cabinet voisin rassemblant ses dessins préparatoires. Sur le papier, la sève est devenue larme de sang, « Souvenir d'enfance », forme vitale ou sexe féminin. Par la main de Giuseppe Penone, l'un des artistes fondamentaux de l'Arte Povera, la matrice de sève s'est peu à peu transformée en matrice de vie.

« La surprise de l'art, aime à dire l'artiste italien et professeur à l'Ensba, c'est de voire quelque chose qui existe. Ce n'est pas d'inventer une forme ».

 

Giuseppe Penone
jusqu'au 17 juillet 2009
École nationale supérieure des beaux-arts
Palais des études et Cabinet des dessin Jean Bonna
14, rue Bonaparte - 75006 Paris
www.beauxartsparis.fr

du lundi au vendredi de 12h à 18h

 

2/Jeune promue : Elika Hedayat

Elika Hedayat est LA révélation des artistes félicités dans cette cuvée 2008 de l'Ecole des Beaux-Arts de Paris. Née en 1979 à Téhéran, la voilà qui débarque en 2004 à Paris pour intégrer l'atelier d'Annette Messager. Dans ses bagages, elle emporte les images quotidiennes de sa vie d'hier. Elle réalise surtout combien était grand le poids de la censure, l'angoisse de la dénonciation et dure la vie de la femme en Iran. « C'est l'ambiance dans laquelle j'ai vécu », précise Elika. Dans l'une de ses valises, elle a aussi enfermé ces masques populaires et peints dont elle a revêtu les acteurs des six courtes vidéos en noires et blancs assemblées par paires. Avec un cadrage serré et en plans fixes, la caméra enregistre les  mouvements de ses acteurs. Ils sont saccadés, répétitifs, bloqués dans leurs mouvements, refusant d'avancer mais reculant toujours. « J'ai créé mes propres personnages mythologiques. Ils n'ont pas d'identité. Il ne vivent pas ce qu'ils voudraient vivre », ajoute la jeune femme brune qui a également composé la musique, mixant bruits d'aspirateurs et ambiances d'usines. Dans son « Bestiaire des félicités sous contrainte », Elika évoquent par ses images joyeuses et efficaces, mixant vidéos et dessins un quotidien dont la dictature est le coeur.

 

« Fables et fragments »
Jusqu'au 12 juillet 2009
Ecole nationale supérieure des Beaux-arts de Paris
13, quai Malaquais - 75006 Paris

du mardi au dimanche de 13h à 19h
entrée libre


S. S. (9 juillet 2009)


 






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