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Entrées libres

par Sophie Schmit


Une traversée de la jungle des expositions parisiennes révèle qu'il y a dans la capitale des endroits où l'on ouvre pour la qualité, et, ce qui peut parfois être appréciable, la gratuité.

Une exposition chic et de qualité. Chic par le lieu d'exposition, la fondation LVMH. De qualité de par les artistes exposés. Mais claustrophobes s'abstenir. Monter dans les salles d'expositions se fait par un ascenseur étroit. Et le temps de l'ascension, les lumières s'éteignent dans l'installation permanente du danois Olafur Eliasson (1967). « C'est que toutes les sensations doivent être ressenties », précise l'hôtesse elle aussi chic. Et gentille. A l'étage, les espaces sont difficiles, bas de plafond mais la scénographie est intelligente et lumineuse. Autre point positif, les textes de présentation sont clairs, complets et érudits. Sur le thème des « Ecritures silencieuses », en référence aux tablettes toujours indéchiffrées découvertes sur l'Ile de Pâques, on admire l'ouvre du turinois Giuseppe Penone (1947) qui poursuit ici « une réflexion entre l'homme et la nature magnifiée par la beauté des matériaux ». Son écorce longue comme un papier mural est traversée par un abreuvoir, trace subtile de l'intervention humaine. Apres un mur de livres servant d'écran de projection à la vidéo « calligraphique » du chinois Ni Haifeng (1964), les travaux conceptuels et de plus en plus glacials de l'italo-américain Joseph Kosuth (1945), le néon en forme de signature de l'anglaise Tracey Emin (1963), on longe les trois ouvres sur papier du brésilien Ernesto Neto (1964). On regrette ici que leurs encadrements retiennent les odeurs d'épices qui composent cette ouvre essentiellement organique. L'installation la plus « efficace » reste celle de l'américaine Barbara Kruger (1945). Dans la rotonde clôturant l'exposition, des écrans s'allument. Des lettres, mots, phrases, défilent, s'interrompent, tournoient, explosent. Toutes sont tirées de publicités, propagandes mais aussi de textes de philosophes comme Roland Barthes ou Aimé Césaire. On s'assoit hypnotisé pour devenir le réceptacle de ce feu d'artifices. Au passage, on demande un catalogue. Il est beau, complet des ouvres vues et des textes lus. De plus il est gratuit.

Charles Sandison, Cryptozoology
© Louis Vuitton & Bertrand Rindoff
Claude Closky, Alphabet
© Louis Vuitton & Mazen Saggar

 

Ecritures silencieuses
Jusqu'au 23 août 2009
Espace culturel Louis Vuitton
60, rue Bassano
101, avenue des Champs-Elysées
75008 Paris

Ouvert du lundi au samedi de 12h à 19h
et le dimanche de 11h à 19h
Entrée libre

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S. S. (30 avril 2009)


 






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