José Medeiros est né en 1921 à Teresina dans le Nordeste du Brésil. Chroniqueur hors-pair de la société brésilienne des années 1940-50, de sa région mais aussi de Rio de Janeiro et des populations autochtones, des Indiens à la Jet set, Medeiros a saisi un très large champ des traditions et des évolutions de son pays.

José Medeiros
Chroniques brésiliennes
éditions Hazan
Employé par l’un des plus prestigieux journaux d’images brésiliens O Cruzeiro, il a dû en outre se mesurer aux progrès rapides de la presse dans le secteur du grand reportage et de la photographie en particulier. Pertinence du point de vue et qualités esthétiques se rencontrent dans ses images, tout en gardant une lecture très rapide pour le lecteur. Les 20 000 clichés de son œuvre conservés à l’Institut Moreira Salles de Rio de Janeiro constituent l’un des plus précieux témoignages sur la société brésilienne de l’époque : ses pratiques civiles ou religieuses, son goût pour la fête, les fossés entre populations et entre classes sociales.
Pour ceux qui n’ont pas pu voir les expositions que lui consacraient récemment la Maison de l’Amérique latine à Paris et la Maison Européenne de la Photographie, il reste le bel ouvrage édité par Hazan : José Medeiros. Chroniques brésiliennes. Ce livre rassemble les grands moments de la participation de Medeiros au magazine O Cruzeiro avec comme phare son reportage sur les rituels du candomblé qui lui avait été commandé pour faire concurrence à celui d’Henri-Georges Clouzot publié dans Paris-Match et repris dans un journal brésilien équivalent. Acioly Neto, le rédacteur en chef d’O Cruzeiro, furieux de n’avoir pas eu la primeur de publier un tel reportage et de n’avoir pu profiter des gloires d’un tel succès international, inquiet aussi qu’un autre photographe, Pierre Verger, ait l’idée de faire publier les photos de rituels auxquels il participa, réagit :
« Maintenant, mon cher Medeiros, si un Français nommé Verger a réussi à photographier les rites secrets de la macumba, et qu’un autre Français nommé Clouzot a réussi la même chose, un photographe brésilien ne peut-il pas faire aussi bien ? Sommes-nous à ce point démoralisés ? Sommes-nous tellement crétins que nous nous laissons vaincre sur notre propre terre par deux gringos ? Une chose est certaine : notre chef a la certitude que José Medeiros est bien le seul photographe brésilien capable de réaliser un semblable exploit. »
Ainsi naquit le reportage « Les fiancées des dieux sanguinaires », 38 photographies de José Medeiros publiées en septembre 1951 dans O Cruzeiro. Le livre révèle bien d’autres aspects de l’œuvre de ce photographe méconnu en France.
José Medeiros : Chroniques brésiliennes, sous la direction de Sergio Burgi et d’Elise Jasmin, avec des textes de Sérgio Augusto, Samuel Titan Jr, Sergio Burgi et Elise Jasmin. Éditions Hazan. 240 pages, 35 €
A. D. (8 décembre 2011)




