Le design selon Mathieu Lehanneur a quelque chose du « pharmakon » qu'employaient les Grecs pour désigner à la fois le poison et son remède. L'homme produit des objets répondant à un désir de mieux-être en même temps que la production massive d'objets tend à imposer sa dictature économique sur l'ensemble des hommes, et des désastres écologiques. Mathieu Lehanneur aurait tendance à ne vouloir imaginer que de « bons » objets pour l'être humain, en recréant, par exemple, des machines susceptibles d'ouvrir des espaces de respiration au milieu de l'asphyxie, en recourant au rêve pour se guérir des mauvaises humeurs de la réalité. Entre dérision et lucidité, avec la passion des nouvelles technologies, Lehanneur creuse un sillon tout à fait personnel dans l'histoire contemporaine du design dont la frontière avec l'art est souvent ténue.
A. D. (4 mars 2010)



