Le Centre Pompidou expose un important ensemble d’œuvres de l’artiste contemporain François Morellet, né en 1926 à Cholet. Pionnier d’un formalisme minimaliste aux œuvres vidées de tout aspect narratif, subjectif, affectif, il pourrait nous sembler que nous avons à faire à une orthodoxie, ayant pris le parti de la modernité dans ses orientations les plus dures.
L’artiste revendique une œuvre d’où le sentiment est absent. Il est vrai que pour apprécier les œuvres de Morellet, il ne faut pas s’attendre à s’émouvoir comme au cinéma. L’émotion est là pourtant, elle nécessite un peu d’exigence quant à l’ouverture des esprits. La géométrie est faussement considérée comme l’ennemi du sentiment, comme tout ce qui est associé aux mathématiques, voire à la logique. Le mensonge est un meilleur allié pour faire vibrer le public que la recherche rigoureuse d’un absolu. Et pourtant les œuvres créées par Morellet nous relient directement avec toute l’histoire des formes et de l’art, puisqu’à la base de toutes nos constructions mentales, il y a la géométrie.
Et ce sentiment d’appartenir au monde quand on rentre dans l’œuvre de François Morellet est un formidable stimulant pour l’esprit ; on redécouvre des espaces de jeu, l’humour de la vision, la jouissance du vertige, la confusion fertile. Toutes les bases de l’art actuel.
Voir également la vidéo Morellet l'illumineur
A. D. (25 février 2011)




