Quand on l’interroge sur l’idée qu’il pourrait se faire d’un accrochage idéal des ses œuvres au milieu de celles d’autres artistes ; une sorte de musée imaginaire qui mettrait son œuvre en jeu, Melik Ohanian répond que son idéal, plutôt qu’une exposition, serait un repas avec autour de lui les personnalités qui l’ont fasciné.
René Daumal et Miles Davis sont les premiers qui lui viennent à l’esprit, mais il est très probable que si le temps et l’espace le lui permettaient, il réunirait les morts et les vivants de sa cosmogonie personnelle autour de la table comme œuvre d’art totale. Cette envie impossible se résout en fragments dans les productions diverses de sa démarche depuis une vingtaine d’années. Les expériences physiques et conceptuelles cohabitent dans son œuvre, ou plutôt, elles sont convoquées. Une action intellectuelle ou perceptive forte est généralement sollicitée du public, qui, à un moment ou à un autre doit se poser la question de sa place de spectateur voire d’être humain. Il paraît d’ailleurs que Melik Ohanian a quelque part une table, dans un lieu reculé, où il invite des individus à passer du temps ensemble, à faire un trou dans le temps, un voyage dans l’espace.
A. D. (5 octobre 2011)




