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Arman : l’art mental et sa muse

par Cyril Thomas


Christine Siméone retrace la vie d’Arman, ses coups de cœurs, ses failles, à travers la correspondance entre l’artiste et sa première femme Eliane Radigue dans l’ouvrage ELIANARMAN, Bye Bye ma muse. Tant par le choix des lettres que par sa documentation riche, le livre fait découvrir un autre visage de l’artiste, plus intime que celui qu’on connaissait. Un mélange habile de tendresse et de jeux de mots. Au fil du temps, de ses rencontres entre Nice, Paris puis à partir des années 60, sur le continent américain, Arman voyage, explore, se confie.

Armand Pierre Fernandez n’est pas seulement connu pour ses « accumulations » ou ses « colères ». Premier coup d’éclat : il transforme son identité en la réduisant à son seul prénom : Arman, sans le « d », à l’occasion d’une exposition devenue célèbre à la galerie Iris Clert en 1958. Il enferme les ordures dans un beau caisson de plexiglas, résultat : un beau scandale et l’installation définitive d’Arman sur la scène internationale de l’art contemporain. Deux ans plus tard, a contrario d’Yves Klein, il orchestre l’exposition Le Plein, en investissant du sol au plafond l’espace de la galerie avec ses collections. Depuis longtemps, Arman collectionne tout ou presque : des montres, des cafetières, des masques à gaz, des pièces mécaniques, des morceaux de violons. Il entasse, assemble et transforme tout en objet sculptural et devient par la même occasion l’un des membres fondateurs du groupe des « Nouveaux Réalistes » que théorise Pierre Restany. Arman, artiste populaire, dont la sculpture L’heure de tous continue de désorienter subtilement les voyageurs débarquant à la gare St Lazare.

Marion Moreau, l'un des enfants de l'artiste et directrice de la Fondation A.R.M.A.N. est venue rendre visite à artnet.

 

Christine Siméone, ELIANARMAN, édition Fondation A.R.M.A.N, 2008, 199 pages, 20 €


C. T. (11 mars 2009)