Christophe Bruno est un artiste singulier. Il se faufile dans et sous les couches des outils que le commun des mortels utilise pour se connecter et naviguer sur le web. Très fertile, Christophe Bruno se définit comme un parasite et travaille la matière même du net pour en révéler les contradictions et les systèmes économiques mis en ouvre par d'importantes sociétés. Pourquoi ? Simplement pour donner à voir comment ces entreprises essayent d'orienter, voire de conditionner l'utilisateur du net.
Loin des gadgets très « tendances », ses productions observent les présupposés cachés derrières les programmes au cour même de la machine. Lorsqu'il investit Second life, il interroge autant la mémoire que les potentialités d'une diffusion de la création plastique. Quand il réalise une performance dans un lieu, le réseau est encore là. Entre l'univers de l'internet et la réalité quotidienne, il adopte le plus souvent une position intermédiaire lui permettant d'interroger l'un et l'autre, l'un par l'autre.
Net artiste ou artiste du net, là n'est pas la question. De ce lignage historique Christophe Bruno a conservé l'essentiel, un regard pertinent, toujours en éveil et un engagement. Preuve si besoin est, sa pièce « Le Dadamètre » présentée dans l'espace virtuel du musée du Jeu Paume. Maelstrom de mots, d'associations d'idées, de résurgences, elle permet à tout un chacun de placer ses propres mots au sein d'une cartographie non plus médiatique mais artistico-littéraire. artnet interroge cet explorateur du réseau.
C. T. (12 fevrier 2009)





