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Entretien vidéo avec Christian Boltanski à propos de sa participation prochaine à la Biennale de Venise

BOLTANSKI : LA MORT À VENISE MAIS LA VIE AUSSI
par Gina Kehayoff



Christian Boltanski représentera le Pavillon français à la 54e édition de la Biennale de Venise. Il y succède à Claude Lévêque avec une œuvre intitulée Chance (les jeux sont faits ?) où le visiteur pourra devenir joueur, et aura une chance sur 14000 de gagner une œuvre originale de l’artiste.

Christian Boltanski présentait l’an passé son installation, « Personnes », qui travaillait la mémoire de la Shoah avec un hallucinant et palpitant (scandé par des battements de cœurs) cimetière de vêtements sous la nef du Grand Palais, tandis qu’Anish Kapoor, sculpteur britannique d’origine indienne, s’apprête à emplir la structure de fer et de verre d’une composition monochrome gonflable et gonflée. Dans laquelle les visiteurs pourront circuler à leur aise, comme autant d’embryons dans un utérus géant. Tout oppose ces deux personnalités, mais, autre paradoxe, pas dans un sens qui tombe sous le sens. Si l’œuvre de Christian Boltanski arpente depuis des décennies les méandres d’une histoire douloureuse, ses propos n’ont en revanche rien de lugubre. Ceux de Kapoor, dont l’œuvre joue sur un registre nettement plus apaisé, sont empreints pour leur part d’une certaine gravité.

Peut-on croire Christian Boltanski, qui représente cette année la France à la Biennale de Venise avec une installation composée des portraits de 600 bébés polonais, lorsqu’il dit qu’il s’agit d’une œuvre « joyeuse », si l’on sait qu’à la multitude de bambins tout frais pondus vient s’ajouter un nombre équivalent de Suisses qui ont passé l’arme à gauche ? Et comment concilier, comme le fait Anish Kapoor, le travail méditatif et solitaire de l’artiste dans son atelier avec les qualités d’hommes d’affaires indispensables aux créateurs d’aujourd’hui ? Le mieux est de laisser la parole à ces deux grands artistes, qui marient l’un comme l’autre, avec beaucoup de sérieux pour l’un et une bonne dose d’ironie pour l’autre, le mensonge et la sincérité.

Texte d’Alain Dreyfus

Voir aussi l’entretien vidéo avec Anish Kapoor

 

ILLUMInations - 54e Biennale de Venise
Du 4 juin au 27 novembre 2011

Arsenal de la Sérénissime, Jardins de Venise et Cité des Doges


G. K. (11 mai 2011)


 




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