Installé, comme son nom l'indique, au nord de Paris. Réunissant deux galeries, un centre pluridisciplinaire et une fondation privée, tous situés entre Montmartre et Saint-Ouen, le réseau NORD a pour vocation d'instaurer un nouveau sentier de découverte dans des quartiers que l'on ne lierait guère, de prime abord, à l'art contemporain.
Rencontre avec Joana Anisten, directrice artistique de la galerie Paul Frèches.
Ouvert depuis juin 2007, le petit espace de la Galerie Paul Frèches propose une programmation originale, exigeante mais accessible, privilégiant un travail de fond avec les artistes.
Leurs expositions obéissent toujours à une pertinence thématique, que ce soit le travail personnel du photojournaliste Guillaume Herbaut ou les étranges Familiarités d'Antoine PetitPrez. Le charisme et la clairvoyance du binôme Paul Frèches et Joana Anisten, tous deux très investis dans chacun de leurs projets, sont prégnants en ce lieu. La galerie édite également des Cahiers, dont le contenu critique accompagne chaque exposition. Voici un état des lieux avec Joana Anisten, directrice artistique et responsable de la communication de la galerie.
Sophie Rosemont : Pouvez-vous nous parler des débuts de la galerie Paul Frèches ?
Joana Anisten : Paul était (et continue cette activité) commissaire, spécialisé en photo, mais commençait à s'intéresser à la scène contemporaine en Chine quand je l'ai retrouvé par hasard à un vernissage il y a quatre ans (nous nous sommes rencontrés en histoire de l'art à la Sorbonne il y a une dizaine d'années). De mon côté, j'ai travaillé pendant près de deux ans dans une agence de prospective où je m'occupais de la dimension « artistique » de certains projets. Ce fut l'occasion pour moi de rencontrer des plasticiens, des photographes.
Dès l'ouverture de la galerie, l'ambition était très simple : promouvoir des démarches artistiques qui nous intéressaient, sans critère d'« école » - bien que ce terme soit un peu désuet - ou de médium, même si la photographie tient une place à part. La plupart des artistes avec lesquels nous travaillons ont collaboré avec Paul Frèches avant l'ouverture de la galerie : comme les photographes Guillaume Herbaut, Rémy Lidereau, les plasticiens Xiang Liqing, Liu Jianhua, Yan Lei. Puis nous avons commencé à nous concerter d'avantage, et j'ai créé le cycle « CoExpo », une carte blanche destinée à de jeunes curateurs français ou étrangers. La première fut donnée à Isabelle Le Normand, qui a conçu La Courbe de l'oubli, un projet avec l'artiste plasticienne Estefanía Peñafiel-Loaiza.
S. R. : Quels sont vos projets à venir ?
J. A. : Nos projets sont, très concrètement, nous agrandir, dès que nous le pouvons, car nous nous sentons un peu à l'étroit pour certaines expositions, c'est un peu frustrant. Et développer Le Cahier pour en faire une véritable revue, car il y a une réelle demande. Les autres, très évidents pour toute galerie : accéder à certaines foires ouvertes sur l'international, comme nous l'avons fait en Chine (« ShContemporary »), nous sommes bien sûr ici les yeux rivés sur ce qui se passe du côté de la Cour Carrée (FIAC) et de « Paris-Photo ».
S. R. : Quels sont les objectifs du réseau Nord ?
J. A. : Le réseau NORD est la possibilité comme n'importe quel réseau, d'exister d'avantage selon la logique de la force du nombre. Mieux vaut être plusieurs que seuls. Il y a les quartiers de galeries, le Marais, Saint-Germain. Il y a ceux qui font le choix de rester plus en périphérie, les raisons sont souvent économiques. Que font-ils ? Ils se regroupent. Intégrer NORD c'est avant tout dire : on est là, il y a de l'art contemporain dans le nord de Paris. On a créé ce réseau avant tout pour donner envie aux gens de venir voir une programmation à la fois exigeante et très éclectique. Nous souhaitions également montrer que traverser le périphérique, ce n'est pas si difficile que cela.
S. R. : Un mot à propos de votre exposition actuelle, 4/7 : Slavoutich ?
J. A. : 4/7 : Slavoutich est le quatrième volet d'un ensemble en sept séries sur la mémoire du drame. Slavoutich est la ville nouvelle où furent relogés les habitants de Tchernobyl et alentours. Évidemment, elle est contaminée. Il s'agit de la seconde exposition de Guillaume Herbaut à la galerie, la première portait sur la sixième série, « 6/7 : Ciudad Juarez ». 4/7 a été réalisée en 2002, c'est donc la première dans le temps sur l'ensemble 7/7. La dernière a été réalisée en 2008 mais nous ne souhaitons pas pour le moment la divulguer dans un cadre commercial.
S. R. : Quels sont les prochains moments importants de la galerie ?
J. A. : La rencontre avec Guillaume Herbaut prévue le 7 janvier et la sortie du nouveau Cahier, l'exposition du peintre chinois Hou Yong - une nouvelle collaboration - en février-mars, une carte blanche donnée au jeune londonien Matthew Stone en avril-mai puis la seconde « CoExpo », avec une proposition de Florence Ostende.
www.paulfreches.com
L'exposition de Guillaume Herbaut : 4/7 : Slavoutich s'achèvera le 31 janvier 2009.
Galerie Paul Frèches
12, rue André Barsacq
75018 Paris
Ouverture du mardi au samedi de 14h00 à 19h00 et sur rendez-vous.
S. R. (16 décembre 2008)







