Plongez au cœur des illusions et des premiers pas de l’histoire du cinéma en compagnie d’un véritable artiste prestidigitateur, Pierrick Sorin. Ce plasticien fait un passage éclair mais remarqué au Théâtre National de Toulouse dans le cadre d’une programmation conjointe entre ce théâtre et la cinémathèque de Toulouse. L’occasion rêvée de le rencontrer avant qu’il vienne présentée ses installations vidéo à la Maison des Arts de Créteil en mai.
A sa manière, Pierrick Sorin rend un hommage à Georges Méliès, figure incontournable qui donna ses lettres de noblesses au cinéma au même titre que les frères Lumière. Il détourne l’un des films les plus célèbres de tous les temps : Le Voyage dans la Lune. Il extrait l’astre du décor réaliste, le superpose à son visage, et transforme le fond en un surface peinte animée de coulures colorées. Méliès–Sorin, une filiation anachronique mais qui apparaît comme une évidence.
Eduqué aux Beaux-Arts, Pierrick Sorin conserve au fil des années un caractère outrageusement potache. Par le biais de petites trouvailles de situations banales, il réinvente une esthétique de l’absurde et du burlesque. Il pose ses valises remplies d’installations (il en réalise quatre pour le lieu, dont une sur la façade extérieure du théâtre), d’hologrammes, de projecteurs, de théâtres optiques (au nombre de dix) et du coup on ne boude pas son plaisir à redécouvrir la « vie bien remplie ». Dans celle nouvelle version agrémentée de dix écrans suspendus, le spectaculaire est au rendez-vous. Les films qui composent cette pièce décrivent tous des actions répétitives, montées en boucle : se lever, se raser, téléphoner, faire la cuisine, bercer un nourrisson ; les petites actions du quotidien sont hachées, extraites… Un peu obsédant le quotidien surtout que Les machines automatiques, sorte de petites sculptures composées à partir de mécano et d’ustensiles en tout genre (rasoir, cuillère, réveil) de Pierre Bastien composent une bande son très répétitive.
Comment avez-vous conçu cette exposition-parcours au TNT ?
Méliès était-il une de vos références au moment où vous avez commencé à créer ?
Pour la grande salle, vous transformez la « vie bien remplie ». Comment est née cette collaboration avec Pierre Bastien ? Cette installation semble répondre à une autre pièce ?
Pour cette exposition, vous présentez une nouvelle œuvre, Switch on the light. Et plusieurs de vos « Auto-filmages »
Cette exposition permet également de découvrir un nouvel aspect de votre création : des œuvres photographiques agrémentées d’un texte, sorte de journal, où vous expliquez la naissance de chacune des séries photographiques mettant en scène vous et votre double. Un autre double qui n’est plus Jean-Loup, le frère jumeau indomptable de la série des « Auto-filmages. »
Continuez-vous à travailler sur des « dispositifs-pièges » comme le Prototype de cheminée virtuelle ?
Et l’opéra ? Car vous avez participé à « La Pietra del Paragone » de Rossini (au théâtre du Châtelet) et actuellement vous travaillez sur la « Pastorale » de Gérard Pesson et sur la « La Flûte enchantée » de Mozart pour La Scala de Milan. Qu’est ce qui vous intéresse dans la création pour l’opéra ? Développez-vous maintenant davantage de créations sonores ?
Cette exposition est aussi l’occasion de voir, en salle, l’un de vos courts métrage, « C’était bien du coulis de tomate » mettant en scène un drôle d’accessoire le bouzographe » ?
Exposition : Pierrick Sorin-Méliès
Jusqu'au vendredi 13 mars 2009
TNT
1, rue Pierre-Baudis à Toulouse
Tél. : 05 34 45 05 05
Ouvert tous les jours, de 14h à 22h sauf le lundi.
Tarifs : 6 € ou 4 €
Exposition : Pierrick Sorin-Méliès
Du 12 au 24 mai 2009 à la Maison des Arts de Créteil.
C. T. (10 mars 2009)















