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Entretien vidéo avec Anish Kapoor au moment de l’inauguration de son exposition pour la Monumenta 2011

ANISH KAPOOR VERNIT SA MONUMENTA
par Melissa Unger et Gina Kehayoff



Anish Kapoor est l’artiste invité de la 4e édition de la Monumenta au Grand Palais où il succède à Christian Boltanski. L’œuvre a de quoi impressionner le public, obligé qu’il est de s’engouffrer dans les trompes d’un utérus monumental. Le titre de l’œuvre est Leviathan. Tout un programme !

Christian Boltanski présentait l’an passé son installation, « Personnes », qui travaillait la mémoire de la Shoah avec un hallucinant et palpitant (scandé par des battements de cœurs) cimetière de vêtements sous la nef du Grand Palais, tandis qu’Anish Kapoor, sculpteur britannique d’origine indienne, s’apprête à emplir la structure de fer et de verre d’une composition monochrome gonflable et gonflée. Dans laquelle les visiteurs pourront circuler à leur aise, comme autant d’embryons dans un utérus géant. Tout oppose ces deux personnalités, mais, autre paradoxe, pas dans un sens qui tombe sous le sens. Si l’œuvre de Christian Boltanski arpente depuis des décennies les méandres d’une histoire douloureuse, ses propos n’ont en revanche rien de lugubre. Ceux de Kapoor, dont l’œuvre joue sur un registre nettement plus apaisé, sont empreints pour leur part d’une certaine gravité.

Peut-on croire Christian Boltanski, qui représente cette année la France à la Biennale de Venise avec une installation composée des portraits de 600 bébés polonais, lorsqu’il dit qu’il s’agit d’une œuvre « joyeuse », si l’on sait qu’à la multitude de bambins tout frais pondus vient s’ajouter un nombre équivalent de Suisses qui ont passé l’arme à gauche ? Et comment concilier, comme le fait Anish Kapoor, le travail méditatif et solitaire de l’artiste dans son atelier avec les qualités d’hommes d’affaires indispensables aux créateurs d’aujourd’hui ? Le mieux est de laisser la parole à ces deux grands artistes, qui marient l’un comme l’autre, avec beaucoup de sérieux pour l’un et une bonne dose d’ironie pour l’autre, le mensonge et la sincérité.

Texte d’Alain Dreyfus

Voir aussi l’entretien vidéo avec Christian Boltanski

PUBLICATIONS RÉCENTES, BEAUX LIVRES :
Anish Kapoor par Homi K. Bhabha : L’auteur du livre —un americain d’origine indienne — et directeur du département des Sciences Humaines d’Harvard est un complice d’Anish Kapoor depuis quarante ans. Peu de texte et beaucoup de visuels des œuvres d’Anish Kapoor exposées ou installées à différents endroits du monde dans ce livre qui débute par une discussion entre les deux amis à propos de Léviathan, l’œuvre exposée au Grand Palais pour MONUMENTA. Viennent ensuite un essai sur le vide, thème majeur de l’œuvre de Kapoor, puis des souvenirs visuels de Bombay, dont les deux protagonistes du livre ont en commun d’y avoir passé leur enfance.
Édité par Flammarion et le Centre national des arts plastiques, 240 pages, 45 €

 

MONUMENTA 2011 - ANISH KAPOOR
Jusqu’au 23 juin 2011

Nef du Grand Palais - Porte principale
Avenue Winston Churchill - 75008 Paris
Ouvert tous les jours, sauf le mardi de 10h à 19h le lundi et le mercredi, de 10h à minuit du jeudi au dimanche (Fermeture des caisses 45 min avant la fermeture de l'exposition)
Entrée : 5 / 2,5 €

Almost Nothing
Jusqu’au 23 juillet

Galerie kamel mennour
47, rue Saint André des Arts – 75006 Paris
Tél. : 01 56 24 03 63
Ouvert du mardi au samedi de 11h à 19h
Entrée libre

Anish Kapoor
Du 12 mai au 11 juin

Chapelle des Petits-Augustins
École nationale supérieure des beaux-arts de Paris
14, rue Bonaparte – 75006 Paris
Ouvert du mardi au dimanche de 13h à 19h
Entrée libre


M. U. & G. K. (10 mai 2011)


 




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